Frise chronologique
1387
Première mention écrite
Première mention écrite
1387 (≈ 1387)
Château médiéval cité pour la première fois.
1709
Incendie partiel
Incendie partiel
1709 (≈ 1709)
Dommages aux appartements nord du château.
1779
Incendie total
Incendie total
1779 (≈ 1779)
Destruction du corps principal du château.
1779-1790
Reconstruction néoclassique
Reconstruction néoclassique
1779-1790 (≈ 1785)
Projet du cardinal de Rohan par Salins de Montfort.
1790
Interruption des travaux
Interruption des travaux
1790 (≈ 1790)
Arrêt dû à la Révolution française.
1793
Utilisation comme caserne
Utilisation comme caserne
1793 (≈ 1793)
Première occupation militaire du château.
1853-1857
Transformation sous Napoléon III
Transformation sous Napoléon III
1853-1857 (≈ 1855)
Devenu asile pour veuves de fonctionnaires.
1952
Acquisition par la commune
Acquisition par la commune
1952 (≈ 1952)
Transformation en espace culturel et administratif.
1933, 1934, 1995
Classements Monuments Historiques
Classements Monuments Historiques
1933, 1934, 1995 (≈ 1995)
Protection des façades, jardins et intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Terrains en avant de la façade nord, depuis la rue de l'Orangerie jusqu'au chemin qui relie la rue de Monswiller à l'avenue du Zornhoff (cad. 1550) : classement par décret du 12 février 1933. Terrain délimité à l'ouest par le chemin qui relie la rue de Monswiller à l'avenue du Zornhoff, à l'est par le talus du chemin de fer de Molsheim, au sud par l'alignement de l'avenue du Zornhoff, au nord par une ligne parallèle à l'axe de la perspective et symétrique de l'alignement de l'avenue de Zornhoff par rapport à cet axe (cad. 1819) : classement par décret du 21 novembre 1934. Ensemble des façades et des toitures, grand vestibule et les deux grandes salles du rez-de-chaussée ; escalier latéral sud du corps central ; cour d'honneur ; les deux pavillons de conciergerie avec leurs aménagements annexes du Second Empire ; grilles fermant la cour d'honneur ; partie du jardin attenant au château (cad. 7 1) : classement par arrêté du 6 novembre 1995
Personnages clés
| Nicolas-Alexandre Salins de Montfort - Architecte |
Concepteur de la façade ouest (1779-1790). |
| Robert de Cotte - Architecte royal |
Modernisa le château pour Rohan-Soubise (1712-1723). |
| Cardinal Louis-René-Édouard de Rohan - Commanditaire |
Lança le projet néoclassique en 1779. |
| Armand-Robert Gaston de Rohan-Soubise - Évêque de Strasbourg |
Inspira les transformations du XVIIIe siècle. |
| Alphonse Lejeune - Architecte |
Acheva le château sous Napoléon III (1853-1857). |
| François Pinot - Architecte |
Conçut écuries et appartements (1763-1767). |
Origine et histoire
Le château des Rohan à Saverne, construit à la fin du XVIIIe siècle par l'architecte Nicolas Salins de Montfort, remplace un ancien château médiéval mentionné dès 1387. Ce dernier, résidence des évêques de Strasbourg, fut modernisé au XVIIIe siècle par Robert de Cotte pour Armand-Robert de Rohan-Soubise, avant d'être détruit par deux incendies (1709 et 1779). Le cardinal Louis-René-Édouard de Rohan lança alors un projet ambitieux inspiré de Versailles, interrompu par la Révolution française en 1790.
La décoration intérieure, inachevée, fut abandonnée lors de la Révolution. Le château servit de caserne sous les occupations allemande (1871) et française (1918), avant d'être transformé en asile pour veuves sous Napoléon III (1853-1857). En 1952, la ville de Saverne en fit un espace culturel abritant musées et services municipaux. Les jardins, conçus par Robert de Cotte en 1723, incluaient terrasses, parterres et un canal de 4 km, partiellement préservé.
Classé Monument Historique à trois reprises (1933, 1934, 1995), le château conserve des éléments architecturaux des XVIIIe et XIXe siècles, dont la façade ouest de Salins de Montfort et les ajouts du Second Empire par l'architecte Lejeune. Les colonnes doriques du vestibule, dispersées en 1793, et un kiosque chinois dessiné par Salins de Montfort témoignent de son faste passé.
Le site fut aussi marqué par des destructions : démolition de deux ailes en 1818, incendie de 1797, et perte d'éléments décoratifs comme les parquets de 1568 ou les sculptures de Coysevox (1667-1673). Aujourd’hui, il abrite des institutions culturelles et administratives, tout en préservant son héritage épiscopal et impérial.
Les écuries, construites entre 1763 et 1767 par François Pinot, et les dépendances de Robert de Cotte (1726-1728) complètent cet ensemble architectural. Le château carré du XVIIe siècle, attribué à Matthias Stoy ou Peter Doffuz, fut partiellement détruit lors des transformations du XIXe siècle. Les jardins, agrandis entre 1756 et 1777, reflétaient l’influence versaillaise.