Château-fort de Guise dans l'Aisne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château fort

Château-fort de Guise

  • Chemin de Ronde 
  • 02120 Guise
Château-fort de Guise
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Château-fort de Guise
Crédit photo : Clubduvieuxmanoir - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Xe siècle
Construction initiale
XIIe siècle
Agrandissement et donjon
XVe siècle
Consolidation et reconstruction
XVIe siècle
Modernisation bastionnée
XVIIe siècle
Forteresse royale
1924
Classement du donjon
2008
Protection du site
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le donjon : classement par arrêté du 22 juillet 1924 - Le château fort de Guise en totalité, comprenant l'enceinte fortifiée et son glacis (bastions de la Charbonnière, du Moineau, de la Haute ville et de l'Alouette, demi-lune de terre et de secours) , les portes (porte de la Ville, porte des Carrosses et porte de Paris) , le corps de garde, les premiers niveaux du Gouvernement, de la prison et de l'arsenal, ainsi que les soubassements de l'ancienne église collégiale Saint-Gervais et Saint-Protais, et l'ensemble des sous-sols et des sols archéologiques (cad. AV 19, 106 à 108, 110, 112, 114, 117, 130) : classement par arrêté du 31 juillet 2008

Personnages clés

Isabelle de Luxembourg Responsable des travaux de consolidation et de reconstruction au XVe siècle.
Charles d’Anjou Responsable des travaux de consolidation et de reconstruction au XVe siècle.
Claude Ier de Lorraine Transforma le château médiéval en une forteresse bastionnée au XVIe siècle.
Antonio Castello Ingénieur ayant participé à la modernisation de la forteresse au XVIe siècle.
François Mandon de Saint-Remi Ingénieur ayant participé à la modernisation de la forteresse au XVIe siècle.
Vauban Ingénieur militaire ayant ordonné des remaniements au XVIIe siècle.
Maurice Duton Fonda le Club du Vieux Manoir et entreprit des travaux de restauration au XXe siècle.

Origine et histoire du Château-fort de Guise

Le château fort de Guise, perché sur un éperon dominant la vallée de l'Oise, est attesté dès la fin du Xe siècle et, selon certaines sources, le site aurait été occupé dès le VIe siècle. Il est agrandi au XIIe siècle et passe au domaine royal en 1185, période où le donjon est probablement érigé. Au cours du Moyen Âge, l’ensemble est entouré d’une enceinte flanquée de tours et comprend une chapelle devenue en 1052 la collégiale Saint-Gervais-Saint-Protais, qui sert de lieu de sépulture aux seigneurs locaux et d’église paroissiale jusqu’au XVIe siècle. Des travaux de consolidation et de reconstruction sont menés aux XVe siècles, notamment sous l’autorité d’Isabelle de Luxembourg et de Charles d’Anjou, avec Quentin Aguechiel comme maître d’œuvre. Le castel résiste à plusieurs attaques à la fin du XVe siècle et voit l’aménagement d’ouvrages adaptés à l’artillerie légère, comme une barbacane équipée d’archères. Après l’incendie de 1536, Claude Ier de Lorraine transforme à partir de 1540 le château médiéval en une forteresse modernisée, l’une des premières adaptations en France du système bastionné, avec l’intervention d’ingénieurs tels qu’Antonio Castello et François Mandon de Saint-Remi. Le tracé de l’enceinte est repris en forme triangulaire, ponctué de bastions et protégé au sud par des demi-lunes, tandis que le corps de place rassemble le donjon, le puits, des galeries souterraines et quelques bâtiments d’usage, dont l’arsenal, la prison et le logis du gouverneur. Au XVIIe siècle le château devient forteresse royale après sa confiscation en 1641, puis fait l’objet de remaniements ordonnés par Vauban et conduits par l’ingénieur Rivière, qui adaptent les ouvrages défensifs, dégagent les accès et remblayent le corps de place. Ces travaux réaménagent les demi-lunes, enterrent certains bâtiments d’un niveau pour réduire leur prise à l’artillerie et transforment des éléments plus anciens en bastion ou en caponnière casematée. À la fin du XVIIIe siècle la forteresse perd progressivement sa vocation militaire ; certains bâtiments servent de logements pour les invalides, les officiers et les chanoines, mais le donjon demeure un symbole seigneurial et est restitué en 1767 à Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé. La collégiale, transformée en dépôt d’artillerie pendant la Révolution, est détruite en 1801 ; les remparts urbains sont démantelés au XIXe siècle et le site subit de nouvelles occupations, notamment par les troupes prussiennes en 1815 et 1870. L’arrivée du chemin de fer en 1875 fait percer un tunnel au pied du château et le fort est déclassé comme place forte en 1881. Pendant la Première Guerre mondiale le site est fortement endommagé : occupée par l’armée allemande pendant une grande partie du conflit et utilisée comme poste d’observation, la forteresse est pilonnée par l’artillerie alliée, qui détruit la plupart des superstructures et fait disparaître le toit en poivrière du donjon. Après la guerre le château est déclassé en 1918, vendu par l’administration des Domaines et partiellement exploité comme carrière ; seul le donjon fait l’objet d’un classement au titre des Monuments historiques en juillet 1924, avant que l’ensemble du site et ses éléments (enceinte, bastions, portes, soubassements et sous-sols archéologiques) ne soient à leur tour protégés par un arrêté en 2008. La période d’abandon et de pillage du début du XXe siècle provoque le comblement de souterrains et des infiltrations, entraînant des effondrements et des démolitions dans les années 1950. À partir de 1952 Maurice Duton fonde le Club du Vieux Manoir, loue le site en 1954 et, avec des chantiers de bénévoles et de jeunes, entreprend des travaux de dégagement, de consolidation et de fouilles qui permettent notamment la mise au jour des fondations de la collégiale en 1964. Le château est cédé à la ville de Guise en 1965 et le Club du Vieux Manoir continue d’en assurer la restauration, l’entretien, l’animation et l’ouverture au public. Aujourd’hui les ruines du donjon et de l’enceinte témoignent d’un millénaire d’évolution de l’architecture militaire, du château féodal à la forteresse bastionnée, et constituent un lieu d’interprétation et de mémoire historique.

Liens externes