Origine et histoire du Château-Musée
Le château-musée de Boulogne-sur-Mer est un musée municipal fondé en 1825, spécialisé en art et archéologie. Installé depuis 1988 dans l’ancien château comtal intégré aux remparts du XIIIe siècle, il surplombe les vestiges du camp romain de la Classis Britannica. Ses collections, parmi les plus riches de France hors Paris, incluent des céramiques grecques, des antiquités égyptiennes, et un ensemble exceptionnel d’art inuit et océanien.
Le musée s’organise en quatre départements : archéologie méditerranéenne (avec une momie égyptienne ayant inspiré Auguste Mariette), ethnographie extra-européenne (notamment des masques alaskans collectés par Alphonse Pinart), beaux-arts (peintures de Courbet, Corot, Sisley, et sculptures de Rodin ou Carpeaux), et histoire locale (de l’Antiquité romaine au camp de Boulogne). La collection de céramiques grecques, acquise en 1861, compte 476 pièces, dont un vase d’Exékias.
Le département d’ethnographie doit son origine au cabinet de curiosités du chevalier Leroy de Barde, acheté en 1825, riche de 288 objets océaniens (Tahiti, Nouvelle-Guinée, Marquises). La collection s’enrichit grâce à des dons liés aux expéditions françaises du XIXe siècle (voyages de La Bonite, La Vénus, L’Astrolabe), puis par des legs comme ceux d’Alphonse Pinart (1875), spécialiste des cultures sugpiaq d’Alaska. En 2024-2025, des dons majeurs (Alice Rogoff, Claude Baud) renforcent sa position comme référence mondiale pour l’art inuit.
Le château comtal, propriété de la ville depuis 1988, abrite aussi des vestiges gallo-romains et médiévaux. Les souterrains accessibles témoignent de la Bononia antique, tandis que les remparts du XIIIe siècle rappellent son rôle défensif. Les expositions temporaires, comme Giinaquq (2009) sur les masques alaskans ou Alaska passé/présent (2016), mettent en valeur ses partenariats internationaux, notamment avec l’Alutiiq Museum de Kodiak.
Parmi les figures clés, Auguste Mariette (1821–1881), égyptologue natif de Boulogne, y légua 150 objets. Alphonse Pinart (1852–1904), explorateur, y déposa en 1875 des masques et artefacts sugpiaq, aujourd’hui centraux pour la compréhension de cette culture. Charles Lebeau (1842–1916) offrit en 1916 un legs majeur de peintures (Courbet, Corot) et sculptures (Rodin, Carpeaux), fondement des beaux-arts du musée.