Classement Monument Historique 29 mars 2001 (≈ 2001)
Label *Patrimoine du XXe siècle*.
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Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le chevalement en totalité (cad. C 400) : inscription par arrêté du 29 mars 2001
Personnages clés
Charles Tournay - Ingénieur liégeois
Concepteur du chevalement en béton.
Marcel Maulini - Médecin des mines
Initiateur de sa préservation.
Origine et histoire du Chevalement du puits
Le chevalement du puits Sainte-Marie est un ouvrage en béton armé érigé en 1924 par l’ingénieur Charles Tournay, sur le site d’un puits houiller creusé dès 1864 à Ronchamp. Initialement conçu pour relancer l’extraction, il servit peu en raison de la préférence accordée au puits du Chanois, mieux équipé pour le traitement du charbon. Après la nationalisation des houillères en 1946, le bassin de Ronchamp fut confié à EDF, et le chevalement, désaffecté en 1958, échappa à la démolition grâce à la mobilisation locale.
À partir des années 1960, Marcel Maulini, ancien médecin des mines et membre du conseil municipal, défendit sa préservation comme relique de l’ère minière. Acquis symboliquement par le département en 1972, le chevalement fut restauré en 1979 et inscrit aux Monuments Historiques en 2001, devenant le seul témoin architectural intact du bassin minier de Ronchamp. Son style, mêlant béton et brique rouge, reflète une recherche esthétique rare pour une structure industrielle, visant à atténuer son aspect utilitaire.
Architecturalement, le chevalement se distingue par sa structure avant carré porteur avec quatre piliers et un toit à quatre pans, surmontant un bâtiment de recette en brique. Conçu par Tournay, spécialiste des ouvrages miniers en béton armé, il illustre les innovations techniques de l’époque, comme l’usage du béton face à la pénurie de fer. Haut de 18,50 mètres, il abritait des molettes de 3,30 mètres de diamètre, démontées en 1950 pour être réutilisées ailleurs.
Le site, aujourd’hui propriété départementale, incarne la mémoire des houillères de Franche-Comté, dernier vestige d’une industrie qui façonna la région. Sa conservation résulte d’un engagement citoyen et patrimonial, transformant un symbole de l’ère industrielle en monument historique, labellisé Patrimoine du XXe siècle.