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Église Saint-Nazaire de Corme-Royal en Charente

Charente

Église Saint-Nazaire de Corme-Royal


    Corme-Royal

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1040
Première mention d'une église
XIIe siècle (2e moitié)
Construction de l'église actuelle
XIIIe siècle
Reconstruction du chevet
XVe siècle (2e moitié)
Remaniments post-guerre de Cent Ans
XVIIe siècle
Achèvement des voûtes et clocher
21 janvier 1907
Classement Monument Historique
1970
Restauration des vitraux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Abbesse de l'abbaye aux Dames de Saintes - Bénéficiaire de l'église (1047) Reçoit l'église en donation selon une charte.
Madame de Foix - Abbesse de Saintes (XVIIe siècle) Représentée dans un tableau de 1636.
Arnaud de Lartigue - Peintre saintongeais (1636) Auteur du tableau *La Sainte Famille*.

Origine et histoire

L’église Saint-Nazaire de Corme-Royal, classée Monument Historique en 1907, remplace une église antérieure dédiée à Saint-Pierre, mentionnée dès 1040 dans des chartes liant l’édifice à l’abbaye de la Trinité de Vendôme puis à l’abbaye aux Dames de Saintes. L’église actuelle fut construite en deux phases au XIIe siècle : d’abord le transept et le chœur, puis la nef voûtée en berceau brisé et la façade occidentale, inspirée des églises romanes régionales comme celles d’Aulnay ou de Pont-l’Abbé-d’Arnoult.

Au XIIIe siècle, le chevet primitif semi-circulaire fut remplacé par un mur plat gothique percé d’une fenêtre ogivale. Après les destructions de la guerre de Cent Ans (XVe siècle), l’édifice fut largement remanié : ajout d’un bas-côté nord, de colonnes lisses sans chapiteaux, et d’éléments défensifs (créneaux, meurtrières) sur le mur sud, évoquant une fortification. Un nouveau clocher, coiffé d’un toit en carène au XVIIe siècle, fut érigé au-dessus de la nef, renforçant son aspect hybride entre lieu de culte et place forte.

La façade occidentale, typique du roman saintongeais, se distingue par ses deux niveaux ornés de sculptures riches et variées : personnages bibliques, animaux fantastiques, et motifs végétaux ou géométriques. Le portail central, encadré de deux fausses portes, présente des voussures illustrant des scènes comme la Visitation ou le Jugement Dernier, tandis que le premier étage met en scène les Vierges Sages et Folles et le combat des Vertus contre les Vices. Ces décors, bien que partiellement restaurés, témoignent d’un artisanat roman d’exception.

À l’intérieur, la nef conserve des éléments romans remarquables, comme des chapiteaux sculptés de dragons ou de lions, et des baies en plein cintre encadrées de colonnettes. Les voûtes, achevées au XVIIe siècle, mélangent ogives et berceaux brisés. Parmi le mobilier, un tableau de 1636 représentant la Sainte Famille, signé Arnaud de Lartigue, honore l’abbesse de Saintes, Madame de Foix, parent du duc d’Épernon. Les vitraux, refaits dans les années 1970, complètent cet ensemble patrimonial.

L’église illustre ainsi près de mille ans d’histoire, marquée par des reconstructions successives et une dualité entre fonction religieuse et adaptations défensives, reflétant les tumultes de la Saintonge médiévale et moderne.

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