Origine et histoire du Cimetière de l'Est
Le cimetière de l’Est de Metz, créé en 1829, répondait à un besoin urgent d’espace pour les inhumations, les cimetières existants autour des églises devenant insalubres. Les nuisances olfactives et les risques sanitaires, aggravés par une épidémie de choléra en 1831, accélérèrent sa création. L’inspecteur de la voirie Marie-Lucien Silly proposa initialement un terrain en don, sous conditions fiscales refusées par la mairie. Après des tensions, la ville acheta finalement le terrain en 1831, et le cimetière ouvrit en 1834.
Le cimetière fut structuré autour d’un rond-point et de quatre sections, avec des entrées monumentales datées de 1834 et 1864, dont celle de l’avenue de Strasbourg réservée aux protestants. Son extension progressive, passant de 2,5 à 17,5 hectares, reflète l’évolution démographique de Metz. La partie ancienne, incluant les monuments funéraires et les entrées historiques, fut classée monument historique en 2003 pour son intérêt architectural et patrimonial.
Les styles funéraires dominants, néo-antique (égyptien, grec, romain) et néo-médiéval (roman, gothique), illustrent les tendances artistiques du XIXe siècle. Le cimetière abrite des sépultures de personnalités locales, comme le général Paul-Joseph Ardant, le maire Paul Vautrin, ou le peintre Auguste Hussenot. Des monuments remarquables, tels une chapelle égyptienne pour Jean-Baptiste Bouchotte ou un obélisque pour Joseph Daga, témoignent de la diversité des hommages rendus.
Au XXe siècle, un crématorium y fut ajouté, modernisant ses infrastructures. Aujourd’hui, le cimetière de l’Est reste un lieu de mémoire et un exemple significatif de l’évolution des pratiques funéraires en France, alliant histoire, art et urbanisme.