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Frise chronologique
1879
Création du cimetière communal
Création du cimetière communal
1879 (≈ 1879)
Décision du conseil municipal de Liers.
1927
Première inhumation russe
Première inhumation russe
1927 (≈ 1927)
Début du « carré russe » avec une pensionnaire.
1939
Construction de l'église orthodoxe
Construction de l'église orthodoxe
1939 (≈ 1939)
Notre-Dame-de-l'Assomption, style novgorodien.
31 janvier 2001
Classement monument historique
Classement monument historique
31 janvier 2001 (≈ 2001)
Inscription du carré orthodoxe.
2005-2022
Financement russe des concessions
Financement russe des concessions
2005-2022 (≈ 2014)
Suspendu après l'invasion de l'Ukraine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La partie du cimetière occupée par les sépultures orthodoxes, délimitée selon le plan joint à l'arrêté et à l'exclusion des sépultures non-orthodoxes (cad. AP 3) : inscription par arrêté du 31 janvier 2001
Personnages clés
| Rudolf Noureev - Danseur étoilé |
Tombe ornée d’une mosaïque kilim (1996). |
| Princesse Vera Mechtcherskaïa - Directrice de la Maison russe |
Organisatrice des premières inhumations russes. |
| Grand-duc Andreï Vladimirovitch - Membre de la famille Romanov |
Inhumé avec son épouse Mathilde Kschessinska. |
| Serge Lifar - Chorégraphe et danseur |
Figure majeure des Ballets russes. |
| Ivan Bounine - Écrivain, prix Nobel 1933 |
Représentant de la littérature russe en exil. |
| Général Alexandre Koutiepov - Chef des Armées blanches |
Cénotaphe vide dans le carré de Gallipoli. |
Origine et histoire
Le cimetière de Liers, situé à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), est créé en 1879 comme cimetière communal. Il devient un lieu emblématique de l’émigration russe après 1917, lorsque la Maison russe, fondée par Dorothy Paget et Elena Orlova, y inhume sa première pensionnaire en 1927. Ce « carré russe », intégré au cimetière communal, accueille environ 15 000 Russes ou Français d’origine russe, fuyant la révolution bolchevique puis les vagues migratoires des années 1940 et 1970-1980. Son aménagement « à la russe » (bouleaux, pins, bancs) et son rôle mémoriel en font un site unique en Europe.
Le cimetière abrite des personnalités majeures des arts, de la noblesse et de la politique russes, comme Rudolf Noureev, Serge Lifar, ou les grands-ducs Gabriel et Andreï Vladimirovitch. L’église orthodoxe Notre-Dame-de-l’Assomption (1939), de style novgorodien, est construite à proximité sur un terrain privé. Classé monument historique en 2001 pour son carré orthodoxe, le site est aussi marqué par des conflits récents : depuis 2022, la mairie refuse les financements russes pour les concessions, autrefois assurés par Moscou depuis 2005.
Parmi les 5 220 tombes, on trouve des danseurs (Noureev, Vyroubova), des écrivains (Ivan Bounine, Zinaïda Hippius), des officiers blancs (général Koutiepov, amiral Kolomeïtsev), et des figures de la Résistance comme la princesse Véra Obolensky. Des monuments commémorent les soldats de Gallipoli ou les cosaques du Don. Le cimetière illustre ainsi l’histoire de la diaspora russe en France, entre mémoire impériale, culture orthodoxe et intégration locale.
L’entretien des sépultures a longtemps bénéficié de subventions russes (plus d’un million d’euros), suspendues après l’invasion de l’Ukraine. Le site reste un lieu de pèlerinage pour les descendants de l’émigration et les amateurs d’histoire russe, tout en posant des questions sur la gestion patrimoniale face aux tensions géopolitiques actuelles.
Architecturalement, le cimetière se distingue par ses allées bordées de bouleaux et de cèdres, évoquant les paysages russes. La mosaïque de la tombe de Noureev (1996), inspirée d’un tapis kilim, et le cénotaphe du général Koutiepov (vide, symbolique) en sont des éléments marquants. Proche de Paris, il attire aussi pour son atmosphère poétique, entre histoire tragique et sérénité des lieux.