Frise chronologique
3 mars 1780
Acquisition du terrain
Acquisition du terrain
3 mars 1780 (≈ 1780)
Contrat signé pour 800 livres.
7 mars 1780
Autorisation officielle
Autorisation officielle
7 mars 1780 (≈ 1780)
Ordonnance du lieutenant Lenoir.
8 mars 1780
Première inhumation
Première inhumation
8 mars 1780 (≈ 1780)
Ouverture effective du cimetière.
septembre 1780
Décès de Jacob Pereire
Décès de Jacob Pereire
septembre 1780 (≈ 1780)
Inhumé dans son cimetière.
1809
Transfert de propriété
Transfert de propriété
1809 (≈ 1809)
Racheté par le Consistoire israélite.
18 février 1810
Fermeture du cimetière
Fermeture du cimetière
18 février 1810 (≈ 1810)
Ouverture du Père-Lachaise israélite.
fin XVIIIe siècle (vers 1780)
Fondation du cimetière
Fondation du cimetière
fin XVIIIe siècle (vers 1780) (≈ 1895)
Achat du terrain par Jacob Pereire.
3 janvier 1966
Classement monument historique
Classement monument historique
3 janvier 1966 (≈ 1966)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cimetière israélite de la Villette : inscription par arrêté du 3 janvier 1966
Personnages clés
| Jacob Rodrigue Pereire - Fondateur du cimetière et instituteur |
Acheta le terrain en 1780. |
| Lenoir - Lieutenant de police de Paris |
Autorisa le cimetière en 1780. |
| Salomon Perpignan - Syndic des Juifs d’Avignon |
Fondateur d’une école de dessin. |
| Matard - Équarrisseur |
Responsable des profanations avant 1780. |
| Cameau (ou Camot) - Ancien tenancier de l’auberge *L’Étoile* |
Lieu d’inhumations avant 1780. |
Origine et histoire
Le cimetière des Juifs portugais de Paris, aussi appelé cimetière israélite de la Villette, fut fondé à la fin du XVIIIe siècle par Jacob Rodrigue Pereire, pionnier de l’éducation des sourds-muets en France. Situé au 44 avenue de Flandre, dans l’actuel 19e arrondissement, il répondait au besoin d’offrir une sépulture décente aux Juifs portugais, après des pratiques indignes dans une auberge voisine (l’Étoile), où des corps étaient mélangés à des dépouilles animales par un équarrisseur nommé Matard. Pereire acquiert le terrain pour 800 livres le 3 mars 1780, et le cimetière est officiellement autorisé par ordonnance du lieutenant de police Lenoir le 7 mars 1780. La première inhumation a lieu dès le lendemain, et Pereire lui-même y est enterré en septembre 1780.
Le cimetière, d’une superficie de 424 m2 (35 × 10 m), compte 28 sépultures et devient propriété du Consistoire israélite de Paris en 1809. Il ferme le 18 février 1810 avec l’ouverture d’une section israélite au Père-Lachaise. Aujourd’hui inaccessible sans autorisation, il est classé monument historique depuis 1966. Certaines tombes portent des épitaphes marquantes, comme celle de Salomon Perpignan, syndic des Juifs avignonnais, ou des inscriptions en calendrier républicain. Le lieu inspire aussi des œuvres culturelles, comme le film L'Emmuré de Paris (2021) de Laurent Roth ou le roman Le Cimetière de Prague (2011) d’Umberto Eco.
Avant sa création, des inhumations juives avaient lieu dans le jardin de l’auberge L’Étoile (n°46), tenue par un certain Cameau ou Camot, puis par l’équarrisseur Matard. Ce dernier, en mélangeant corps humains et animaux, pousse Pereire à agir. Le cimetière, bien que modeste, témoigne de l’histoire des Juifs portugais à Paris et de leur intégration progressive dans la société française. Un panneau Histoire de Paris sur l’avenue de Flandre rappelle aujourd’hui son existence.
Parmi les sépultures notables, celle de Salomon Perpignan, fondateur de l’école royale gratuite de dessin (1767) et syndic des Juifs d’Avignon, est mentionnée avec honneur. Une autre épitaphe, datée de l’époque républicaine, célèbre la liberté : « J’aime mieux ma situation que l’esclavage. Ô âme immortelle, cherche à vivre libre ou suis-moi comme un bon républicain. » Ces traces écrites illustrent les tensions entre traditions juives et valeurs révolutionnaires.
Le cimetière est le seul établissement religieux protégé du 19e arrondissement jusqu’en 2015, date à laquelle l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville est classée. Malgré son état actuel de relatif abandon, il reste un symbole de la mémoire juive parisienne et un lieu de patrimoine historique méconnu, accessible uniquement sur demande auprès du Consistoire israélite de Paris.