Acquisition du terrain 1920 (≈ 1920)
L'asile de Cadillac acquiert une parcelle contiguë au cimetière communal pour y enterrer les patients décédés.
Années 1950
Installation des croix
Installation des croix Années 1950 (≈ 1950)
Des croix de fer sont installées pour marquer les tombes.
1994
Acquisition par la commune
Acquisition par la commune 1994 (≈ 1994)
Le cimetière est acquis par la commune de Cadillac-sur-Garonne.
2000
Fin d'utilisation
Fin d'utilisation 2000 (≈ 2000)
Le cimetière cesse d'être utilisé pour les inhumations.
2010
Protection du site
Protection du site 2010 (≈ 2010)
Le mur de clôture est inscrit au titre des monuments historiques.
2020
Restauration et commémorations
Restauration et commémorations 2020 (≈ 2020)
Une restauration est menée et des noms de civils et combattants sont gravés sur des murs en acier Corten.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La totalité du Cimetière des oubliés (situé sur la parcelle 1009, la parcelle 1010) et l'ensemble des façades et toitures de la maison du fossoyeur (située sur la parcelle 1600) conformément au plan annexé à l'arrêté, l'ensemble de ces éléments figurant au cadastre section A : inscription par arrêté du 23 juillet 2021
Personnages clés
Duc d'Épernon
Transforma l'asile de Cadillac en hospice en 1617.
Origine et histoire du Cimetière des Oubliés
Le cimetière dit des Oubliés, parfois appelé cimetière des fous, se trouve à Cadillac‑sur‑Garonne (Gironde), avenue Joseph‑Caussil, dans le quartier Saint‑Martin ; on y accède par le cimetière communal dont il est séparé par un long mur de clôture. L'asile de Cadillac, dont l'origine remonte au XIe siècle et qui fut transformé en hospice en 1617 par le duc d'Épernon, a progressivement utilisé une parcelle contiguë au cimetière communal, acquise en 1920, pour y enterrer les patients décédés dans ses services. La création de ce espace répondait à la forte mortalité, notamment celle d'anciens combattants de la Première Guerre mondiale dits « mutilés du cerveau », pour lesquels un carré de 98 tombes identifié et une stèle commémorative existent. Plus de 3 000 personnes sont inhumées dans ce cimetière, mais seules environ 900 croix de fer installées dans les années 1950 sont encore visibles, la plupart des plaques nominatives ayant disparu. Parallèlement, 116 pierres tombales ou stèles avec caveaux en marbre et tombes plus élaborées, dues à l'investissement des familles, ont été conservées. Le cimetière a été acquis par la commune en 1994 et utilisé jusqu'en 2000, et il bénéficie d'une association locale d'amis. Pour protéger le site d'un projet de transformation en parking, son mur de clôture a été inscrit au titre des monuments historiques par arrêtés des 26 avril 2010 et 14 septembre 2010 ; l'arrêté du 14 septembre 2010 a été abrogé par un arrêté du 23 juillet 2021. Une restauration menée en 2020, respectant l'esprit et la simplicité des lieux, a permis d'ajouter des commémorations : les noms et nationalités de 160 anciens combattants ont été gravés sur un mur en acier Corten et, sur un autre mur du même matériau, ont été inscrits les noms des 3 401 civils inhumés dans la commune depuis 1922, identifiés grâce à des recherches récentes. Ces inscriptions complètent la liste de 903 disparus civils et militaires déjà recensés. Au moins 88 tirailleurs sénégalais y sont inhumés ; on y trouve également des prisonniers de guerre allemands, autrichiens et hongrois. Le cimetière des Oubliés constitue un témoignage rare en France d'un aspect méconnu de la psychiatrie : le sort des patients et des victimes de guerre décédés dans les asiles.