Cimetière juif de Carpentras dans le Vaucluse

Patrimoine classé Patrimoine Juif Cimetière juif

Cimetière juif de Carpentras

  • Chemin de l'Aqueduc
  • 84200 Carpentras
Cimetière juif de Carpentras
Cimetière juif de Carpentras
Cimetière juif de Carpentras
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Cimetière juif de Carpentras
Cimetière juif de Carpentras
Crédit photo : Véronique PAGNIER - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une association cultuelle

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1800
1900
2000
Milieu du XIVe siècle
Fondation du cimetière
1843
Aménagements majeurs
1990
Profanation néo-nazie
2007
Inscription historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le cimetière en totalité (cad. BV 35) : inscription par arrêté du 17 avril 2007

Personnages clés

Hugues Évêque ayant accordé le droit d'établir le cimetière juif.
Jean XXII Pape ayant ordonné l'expulsion des Juifs en 1322 avant de revenir sur sa décision en 1326.

Origine et histoire du Cimetière juif

Le cimetière israélite de Carpentras, situé dans le quartier Font-Rousse près de l'aqueduc et à l'intersection des routes de Caromb et de Bédoin, s'étend sur environ deux hectares au nord‑est du centre‑ville. Il est le plus ancien cimetière juif attesté dans la région, datant du milieu du XIVe siècle. L'évêque Hugues accorda aux Juifs de la ville le droit d'avoir un cimetière hors les murs contre une redevance. Le périmètre était initialement marqué par trente‑trois bornes d'une hauteur supérieure à deux mètres. À la faveur d'une souscription en 1843, l'espace fut entouré d'un mur de pierre et pourvu d'un portail monumental au sud et d'un portail secondaire à l'ouest, le long de l'aqueduc. La même opération a permis la création d'allées principales et secondaires qui se coupent à angle droit, d'un dépositoire et d'une chapelle funéraire commune destinée à la toilette des morts, ainsi que d'une ghéniza pour abriter objets et livres anciens usagés. Les tombes occupent surtout des carrés familiaux clos par des grilles. Environ neuf cents sculptures ont été inventoriées ; elles sont toutes datées d'après la Révolution, car l'érection de stèles et l'inscription sur les tombes étaient interdites à partir de 1625 et jusqu'à la Révolution, et les pierres tombales les plus anciennes ont été ôtées, si bien que seules les sépultures contemporaines restent visibles. Le cimetière a été profané en 1990 par des néo‑nazis, affaire pour laquelle le site est resté célèbre. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis l'arrêté du 17 avril 2007. En 2009, une souscription lancée par la Fondation du patrimoine a permis de recueillir 6 000 euros pour l'entretien et le balisage du site.

La communauté juive est présente dans le Comtat Venaissin depuis le Moyen Âge ; plusieurs villes comtadines accueillaient des familles avant l'expulsion prononcée en 1322 par le pape Jean XXII, décision dont il revint en 1326. Au XVIe siècle, les Juifs furent contraints de se regrouper dans quatre villes — Carpentras, Avignon, Cavaillon et L'Isle‑sur‑la‑Sorgue — appelées arba kehilot, et à Carpentras ils vécurent dans le quartier dit des Carrières autour de la synagogue. À partir du XVe siècle, les communautés furent administrées par des baylons chargés de les représenter auprès des autorités et de percevoir l'impôt selon le patrimoine ; elles subirent diverses restrictions, notamment dans le commerce des tissus. Principalement actifs dans le commerce des étoffes, le maquignonnage et le prêt d'argent, ces Juifs s'enrichirent au XVIIe siècle. En 1789, les Carrières avaient perdu le quart de leur population et en 1808 il ne restait que 561 personnes dans les communes de Carpentras, Avignon, L'Isle et Cavaillon, plus 70 dans le reste du département. Carpentras fut l'une des « quatre saintes communautés » du Comtat ; sa synagogue, construite en 1367 et restaurée au XVIIIe siècle, était fréquentée à l'origine par quarante‑cinq familles.

Liens externes