Frise chronologique
1322-1326
Expulsion et retour des Juifs
Expulsion et retour des Juifs
1322-1326 (≈ 1324)
Pape Jean XXII : expulsion puis réinstallation.
1367
Construction de la synagogue
Construction de la synagogue
1367 (≈ 1367)
Fréquentée par 45 familles juives.
milieu du XIVe siècle
Fondation du cimetière
Fondation du cimetière
milieu du XIVe siècle (≈ 1450)
Autorisation épiscopale en 1343 contre redevance.
1843
Réaménagement du cimetière
Réaménagement du cimetière
1843 (≈ 1843)
Création allées, chapelle, et mur d’enceinte.
1990
Profanation néo-nazie
Profanation néo-nazie
1990 (≈ 1990)
Acte antisémite marquant l’histoire récente.
17 avril 2007
Classement monument historique
Classement monument historique
17 avril 2007 (≈ 2007)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le cimetière en totalité (cad. BV 35) : inscription par arrêté du 17 avril 2007
Personnages clés
| Jean XXII - Pape (1316-1334) |
Ordonna expulsion puis retour Juifs. |
| Hugues - Évêque de Carpentras (XIVe) |
Autorisa cimetière en 1343. |
Origine et histoire
Le cimetière juif de Carpentras, fondé au milieu du XIVe siècle, est le plus ancien de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Situé à l’intersection des routes vers Caromb et Bédoin, dans le quartier Font-rousse, il s’étend sur 2 hectares au nord-est de la ville. En 1343, l’évêque Hugues autorisa sa création en échange d’une redevance, marquant ainsi un lieu d’inhumation pour la communauté juive locale. Trente-trois bornes de 2 mètres délimitaient initialement le site, qui fut réaménagé en 1843 grâce à une souscription : allées, chapelle funéraire, ghéniza (dépôt pour textes sacrés usagés) et mur d’enceinte y furent ajoutés. En 2009, la Fondation du patrimoine a lancé une collecte pour son entretien, récoltant 6 000 euros.
Ce cimetière est indissociable de l’histoire des Juifs comtadins, présents dans le Comtat Venaissin depuis le Moyen Âge. Expulsés en 1322 par le pape Jean XXII, ils furent autorisés à revenir en 1326 et se concentrèrent dans quatre villes, dont Carpentras, formant les arba kehilot (quatre communautés saintes). Au XVIe siècle, ces communautés furent contraintes de vivre dans des quartiers spécifiques, les Carrières, autour de leurs synagogues. Administrées par des baylons (responsables locaux), elles payaient des impôts proportionnels à leur patrimoine et subissaient des restrictions commerciales, notamment dans le commerce des tissus. Leur prospérité au XVIIe siècle reposait sur le prêt d’argent, le maquignonnage et le commerce d’étoffes.
Le cimetière reste un symbole tragique de l’antisémitisme contemporain : il fut profané par des néo-nazis en 1990. Depuis 2007, il est inscrit aux monuments historiques, reconnaissant son importance patrimoniale. La synagogue de Carpentras, construite en 1367 et restaurée au XVIIIe siècle, complétait ce paysage religieux et communautaire. En 1789, les Carrières avaient perdu un quart de leur population, et en 1808, il ne restait que 561 Juifs dans les quatre communautés, marquant le déclin progressif de cette présence historique.