Ouverture du cimetière 1620 (≈ 1620)
Le cimetière est ouvert et devient le premier acquis par des Juifs portugais dans la région.
1659
Cimetière juif identifiable
Cimetière juif identifiable 1659 (≈ 1659)
Le cimetière devient identifiable par des prénoms bibliques et des dates en comput hébraïque.
1785
Dernière tombe datée
Dernière tombe datée 1785 (≈ 1785)
La dernière tombe datée marque le déclin de la communauté juive à La Bastide-Clairence.
1941
Profanation du cimetière
Profanation du cimetière 1941 (≈ 1941)
Le cimetière est profané par les troupes d'occupation pendant la Seconde Guerre mondiale.
1988
Inscription monument historique
Inscription monument historique 1988 (≈ 1988)
Le cimetière est inscrit au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien cimetière juif et ses tombes (cad. A 290) : inscription par arrêté du 1er février 1988
Personnages clés
Gérard Nahon
Professeur ayant relevé soixante-deux inscriptions funéraires entre 1962 et 1964.
Origine et histoire du Cimetière juif
Le cimetière juif de La Bastide-Clairence, situé dans les Pyrénées-Atlantiques, est un ancien espace funéraire destiné à la communauté des Juifs portugais active dans la commune du début du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle. Propriété du Consistoire israélite de Bayonne, il est inscrit au titre des monuments historiques le 1er février 1988. Les décrets promulgués au Portugal en 1496 et les persécutions de l'Inquisition aux XVIe et XVIIe siècles poussèrent des Juifs séfarades à se convertir ou à s'exiler ; une communauté portugaise s'établit à La Bastide-Clairence et resta en contact avec celle d'Amsterdam. Protégée par les ducs de Gramont, qui détenaient le droit de justice, cette communauté put s'afficher et constituer une « Nation juive » relativement autonome dans la bastide. Le cimetière, ouvert autour de 1620, fut le premier acquis par des Juifs portugais dans la région et peut‑être en France ; la plus ancienne tombe porte la date 1620. Dans un premier temps il servit de cimetière aux marranes, puis, à partir de 1659, il devint un cimetière juif identifiable par des prénoms bibliques gravés sur les stèles et par des dates en comput hébraïque. Au total, soixante-deux inscriptions funéraires ont été relevées entre 1962 et 1964 par le professeur Gérard Nahon ; dix-huit tombes portent la date selon le calendrier hébraïque. Les noms et prénoms relevés — Jacob, Isaac, Benjamin, Esther, Sarah, Rebecca, et des patronymes tels que Dacosta, Henriquez, Lopez, Nunez, Depas, Alvares — témoignent de l'origine séfarade de la communauté. À partir du milieu du XVIIIe siècle, le déclin de La Bastide entraîna une diminution de la population juive, et la Révolution favorisa l'émancipation et le départ progressif des familles ; la dernière tombe date de 1785. Peu à peu abandonné, le cimetière fut profané en 1941 par les troupes d'occupation. Le site conserve un ensemble de pierres tombales et une grille d'entrée qui en marquent encore l'enceinte.