Frise chronologique
1896
Construction initiale
Construction initiale
1896 (≈ 1896)
Pavillon offert par François-Émile Morin à son épouse.
1927
Fermeture temporaire
Fermeture temporaire
1927 (≈ 1927)
Fin des réceptions, début de l'abandon.
1931
Ouverture comme cinéma
Ouverture comme cinéma
1931 (≈ 1931)
Devenu le premier cinéma du 7e arrondissement.
1955-1967
Âge d'or cinéphile
Âge d'or cinéphile
1955-1967 (≈ 1961)
Direction d’Yvonne Décaris, films d’auteurs.
1972
Rénovation par Louis Malle
Rénovation par Louis Malle
1972 (≈ 1972)
Ajout d’une seconde salle et d’un salon de thé.
1983
Classement du jardin
Classement du jardin
1983 (≈ 1983)
Inscription comme Monument Historique.
1990
Classement façade et salle
Classement façade et salle
1990 (≈ 1990)
Protection par décret ministériel.
2015
Fermeture pour travaux
Fermeture pour travaux
2015 (≈ 2015)
Projet de réouverture en 2025.
2020
Abattage des arbres centenaires
Abattage des arbres centenaires
2020 (≈ 2020)
Controverse pour l’agrandissement des salles.
2021
Vol de panneaux décoratifs
Vol de panneaux décoratifs
2021 (≈ 2021)
Dégâts et dégradations signalés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Jardin attenant (cad. 07 : 03 BE 25) : inscription par arrêté du 21 février 1983 (abrogé) ; Façades et toitures ; grande salle avec son décor (cad. 07 : 03 BF 46) : classement par décret du 21 août 1990 ; Le jardin avec son sol dans son emprise historique, y compris la clôture et les éléments décoratifs, de l’ancien pavillon de réception, actuel cinéma dit « La Pagode », situé 57 bis rue de Babylone, sur la parcelle n°46, figurant au cadastre section BF : classement par arrêté du 9 avril 2018.
Personnages clés
| Alexandre Marcel - Architecte |
Concepteur du pavillon en 1896. |
| François-Émile Morin - Commanditaire initial |
Directeur du Bon Marché, offrit La Pagode. |
| Joseph Plassard - Propriétaire (1896-1919) |
Héritier du lieu après divorce. |
| Yvonne Décaris - Directrice (1955-1967) |
Promut les films Art et Essai. |
| Louis Malle - Cinéaste et rénovateur |
Modernisa le cinéma en 1972. |
| Élisabeth Dauchy - Propriétaire (1985-2017) |
Empêcha la transformation en parking. |
| Charles S. Cohen - Propriétaire actuel (depuis 2017) |
Porteur du projet de réouverture. |
Origine et histoire
La Pagode fut construite en 1896 par l'architecte Alexandre Marcel comme cadeau de François-Émile Morin, directeur du Bon Marché, à son épouse. Ce pavillon japonais, inspiré par la mode du japonisme, devint un lieu de réceptions somptueuses. Dès 1896, il fut cédé à Joseph Plassard, associé de Morin, après le divorce de ce dernier. Après la mort de l’épouse de Morin en 1917, Plassard et sa nouvelle femme, Antoinette Mougel, continuèrent d’y organiser des fêtes jusqu’en 1927, date de sa fermeture temporaire.
En 1931, La Pagode rouvrit comme cinéma, pionnier du 7e art dans l'arrondissement. Pendant l'Occupation, elle fut fermée et servit de refuge à des résistants. À partir de 1944, elle reprogramma des films américains et devint un lieu emblématique de la cinéphilie parisienne. Sous la direction d’Yvonne Décaris (1955-1967), elle se spécialisa dans les films d’auteurs comme Bergman ou Eisenstein, et accueillit des premières prestigieuses, comme celle du Testament d’Orphée de Jean Cocteau en 1959.
En 1972, Louis Malle modernisa le site en y ajoutant une deuxième salle et un salon de thé, avec l’aide des architectes Luce Eekman et François Debulois. Classée Monument Historique en 1990 pour sa façade, ses toitures et sa grande salle, La Pagode fut aussi le théâtre d’événements marquants, comme la Quinzaine du cinéma homosexuel en 1978, perturbée par des violences d’extrême droite. Fermée en 2015 pour rénovation, elle fit l’objet de controverses en 2020 après l’abattage de ses arbres centenaires pour agrandir les salles.
Le jardin, classé en 1983 puis en 2018, et les éléments décoratifs intérieurs (comme les panneaux muraux volés en 2021) témoignent de son héritage artistique. Propriété privée depuis sa construction, La Pagode fut vendue en 1985 à Élisabeth Dauchy, puis en 2017 au magnat américain Charles S. Cohen. Sa réouverture, prévue en 2023 avec quatre salles, s’inscrit dans un projet culturel élargi incluant un centre dédié au cinéma français dans le bâtiment voisin.