Frise chronologique
22 juin 1938
Ouverture du cinéma
Ouverture du cinéma
22 juin 1938 (≈ 1938)
Première séance après transformation d’une librairie.
1941
Incendie et innovation
Incendie et innovation
1941 (≈ 1941)
Installation du système rétro-réflex après un sinistre.
1955
Ouverture de la 2ᵉ salle
Ouverture de la 2ᵉ salle
1955 (≈ 1955)
Ancien cabaret transformé en salle de cinéma.
7 avril 2000
Classement monument historique
Classement monument historique
7 avril 2000 (≈ 2000)
Sauvegarde contre un projet immobilier.
2012
Fin du rétro-réflex
Fin du rétro-réflex
2012 (≈ 2012)
Abandon du système de projection historique.
2025
Classement mondial
Classement mondial
2025 (≈ 2025)
10ᵉ plus beau cinéma (*Time Out*).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cinéma, faisant partie de l'immeuble (cad. BN 32) : inscription par arrêté du 7 avril 2000
Personnages clés
| Roger Joly - Propriétaire et innovateur |
Créa le système rétro-réflex en 1941. |
| Christiane Renavand - Directrice artistique |
Fille de Joly, géra le cinéma dès 1980. |
| Jacques Tati - Parrain symbolique |
Nom associé au cinéma depuis 1988. |
| François Truffaut - Cinéaste emblématique |
Le qualifiait de *« quartier général »*. |
| Jean Tiberi - Maire de Paris |
Soutien au classement en 2000. |
| Catherine Trautmann - Ministre de la Culture |
Signataire de l’arrêté de protection. |
Origine et histoire
Le Champo, officiellement nommé Le Champo - Espace Jacques-Tati, est un cinéma indépendant d’art et essai situé au 51 rue des Écoles, à l’angle de la rue Champollion dans le Quartier latin. Inauguré le 22 juin 1938 sur l’emplacement d’une ancienne librairie, il doit son nom à la rue adjacente. Dès 1939, il est repris par Roger Joly, industriel passionné de cinéma, qui y installe en 1941 un système unique en Europe : le rétro-réflex, un procédé de projection par périscope logé dans un appartement au-dessus de la salle, conservé jusqu’en 2012. En 1955, une seconde salle ouvre en sous-sol, dans d’anciens locaux de cabaret, avant d’être intégrée au complexe.
Le cinéma devient un lieu culte pour les cinéphiles, attirant des figures comme François Truffaut (qui le qualifiait de « quartier général ») ou Claude Chabrol (« seconde université »). Menacé par des projets immobiliers à la fin des années 1990, il est sauvé grâce à son classement aux monuments historiques le 7 avril 2000, après une mobilisation incluant le maire de Paris Jean Tiberi et la ministre de la Culture Catherine Trautmann. En 1988, à l’occasion de son cinquantenaire, il adopte le nom de Jacques Tati, parrain historique du lieu, et son hall s’ornera d’une affiche originale de Jour de Fête offerte par sa famille.
Spécialisé dans le cinéma de patrimoine, le Champo organise des cycles dédiés à des réalisateurs (Kurosawa, Lynch, Tati) et des nuits thématiques. Sa programmation audacieuse, dès son ouverture avec Drôle de drame de Marcel Carné, a contribué à la redécouverte de films comme La Grande Illusion ou La Kermesse héroïque. Malgré une baisse de fréquentation (de 5 000 spectateurs hebdomadaires en 1940 à 2 000 en 2018), il reste un symbole de la culture cinéphile parisienne, classé 10e plus beau cinéma du monde par Time Out en 2025.
L’architecture du Champo est marquée par son système de projection historique et ses rénovations (années 1950, 1970, 1993). Son entrée unique, depuis les années 1970, dessert les deux salles. Le lieu a aussi été le théâtre d’événements controversés, comme l’annulation en 2019 de l’avant-première de J’accuse de Roman Polanski en raison de manifestations. En 2023, il célèbre les 60 ans des Films du Losange en accueillant des figures comme Isabelle Huppert ou Olivier Assayas.