Origine et histoire
Le Cinéma Splendid, situé à Langoiran en Gironde, est une salle de spectacle construite dans le 2e quart du XXe siècle par l'architecte bordelais André Lamire. Son architecture, marquée par une façade en béton aux lignes épurées, mêle influences de Le Corbusier et éléments Art déco, notamment dans sa colonnade extérieure. Inauguré en 1945 (ou début 1948 selon les sources), il reflète le style des années 1940-1950, avec un hall orné de mosaïques, de colonnes et d'appliques, ainsi qu'une salle de 460 fauteuils.
Désaffecté en 1974 après près de 30 ans d'activité, le bâtiment a été inscrit en totalité aux monuments historiques par arrêté du 8 octobre 2002, incluant la salle, sa cour attenante et ses murs de clôture. Aujourd'hui propriété de la commune de Langoiran, il est loué à une entreprise de production audiovisuelle, Mustang et Cie, qui assure sa rénovation. En attendant la remise aux normes de la salle de cinéma, le hall d'accueil accueille des spectacles musicaux et théâtraux environ une fois par semaine.
Le cinéma se distingue par son décor intérieur préservé, combinant sobriété moderne et ornements Art déco, comme les vases et appliques du hall. La façade, bien que minimaliste, conserve des détails caractéristiques de son époque, tels que les colonnes stylisées. Sa localisation, au 6 avenue Michel-Picon, en fait un repère culturel central dans le bourg, à proximité des routes départementales D10 et D239.
L'histoire du Splendid illustre l'évolution des salles de cinéma en milieu rural français, passant d'un lieu de divertissement populaire dans l'après-guerre à un patrimoine architectural protégé. Sa réhabilitation partielle permet aujourd'hui de maintenir une activité culturelle dans un cadre historique, tout en préservant les éléments d'origine comme l'écran de 12 mètres ou les 460 fauteuils rouges.
Les sources disponibles, incluant les bases Mérimée et Monumentum, soulignent son importance comme exemple représentatif de l'architecture cinématographique des années 1940-1950 en Nouvelle-Aquitaine. Le bâtiment, bien que partiellement réutilisé, attend une restauration complète pour retrouver sa fonction première, tout en servant de témoin de l'histoire locale et du patrimoine industriel culturel.