Origine et histoire de la Cinémathèque française
La Cinémathèque française a été cofondée en 1936 par Henri Langlois, avec pour mission de conserver, restaurer et diffuser les films, ainsi que les objets liés au cinéma (affiche, costumes, décors). Soutenue financièrement par Paul-Auguste Harlé, elle s’installe d’abord avenue de Messine (1948), puis rue d’Ulm (1955), avant d’intégrer le palais de Chaillot en 1963 grâce à André Malraux. Son approche éclectique, mêlant chefs-d’œuvre et films de série B, attire des cinéastes comme Truffaut, Godard ou Rivette, formant la Nouvelle Vague.
En 1968, Henri Langlois est évincé sous pression ministérielle, déclenchant une mobilisation historique : des réalisateurs français (Truffaut, Resnais) et internationaux (Chaplin, Kubrick) obtiennent sa réintégration. La Cinémathèque déménage ensuite au palais de Tokyo (années 1980), puis au 51 rue de Bercy en 2005, dans un bâtiment conçu par Frank Gehry pour l’American Center. Elle fusionne en 2007 avec la Bibliothèque du film (BiFi), renforçant ses collections (40 000 films, 25 000 plaques de lanterne magique, 2 100 costumes).
Les collections de la Cinémathèque incluent aussi 6 000 appareils techniques, 500 000 photographies et 23 000 affiches, partiellement numérisées. Ses expositions (comme celle sur Tim Burton en 2012, record avec 350 000 visiteurs) et ses rétrospectives (Bergman, Lubitsch) en font un lieu culturel majeur. En 2025, elle réforme sa gouvernance pour intégrer l’État (via le CNC) et annonce une antenne à Marseille, avec une salle de 128 places et des activités pédagogiques.
La Cinémathèque a également été marquée par des controverses, comme la programmation de films de Roman Polanski (2017) ou Le Dernier tango à Paris (2024), soulevant des débats sur la contextualisation des œuvres. Son président actuel, Costa-Gavras, a reconnu en 2025 la nécessité d’accompagner les projections de films sensibles par des analyses critiques.
Depuis 2005, sa fréquentation a fortement augmenté (518 000 visiteurs en 2011), avec un public rajeuni (22 % de moins de 26 ans en 2017). Son financement repose sur des subventions du CNC, du mécénat et des ressources propres (billetterie, librairie). Malgré des critiques sur sa gouvernance (rapport de la Cour des comptes en 2025), elle reste un pilier de la culture cinéphile, combinant conservation, recherche et diffusion.