Origine et histoire
Le circuit automobile de Gueux, également connu sous le nom de circuit de Reims-Gueux, était un tracé triangulaire situé à environ 5 km à l'ouest de Reims, entre les villages de Thillois et de Gueux. Il a connu plusieurs configurations : il offrait initialement un parcours de 7,1 km empruntant les D26, D27 et une portion de la N31, puis son développement a été porté à 7,816 km et a fait l’objet de modifications successives. À l’initiative de ce qui devint l’Automobile Club de Champagne, une première épreuve fut discutée à Beine en 1925 et le circuit fut utilisé pour la première fois en 1926 lors du deuxième Grand Prix de la Marne. Le succès des rencontres se poursuivit jusqu’en 1939 ; de cette période datent des tribunes couvertes en béton armé construites en 1928 et 1931, le pavillon central avec les stands de ravitaillement en 1932 et le pavillon de chronométrage en 1937. Après l’interruption due à la guerre, les courses reprirent en 1947. Pendant l’hiver 1952-1953, le site fut aménagé en circuit de compétition : une tribune supplémentaire dite « Sommer » fut ajoutée et le pavillon central reconstruit et transformé en restaurant. En 1956, un panneau d’affichage tournant et un centre de ravitaillement construit par la société Shell complétèrent les installations, accompagnés d’un club house élevé sur deux niveaux, avec une vitrine d’exposition, une salle de réception à l’étage et une grande coursive pour suivre la course. Une fresque de Molné et Akmen représente le départ et l’arrivée. La vocation du circuit pour la vitesse se reflétait dans sa géométrie : trois longues lignes droites empruntant la RN 31, le CD 26 et le CD 27 et, à l’origine, trois virages nommés Gueux, La Garenne et La Bonne Rencontre. Afin d’accroître la sécurité et la vitesse, des arbres furent abattus et de vieilles maisons démolies pour créer des échappatoires. En 1952 fut décidée l’évitement du village de Gueux par une extension réalisée en deux temps : la première bretelle ramena la longueur à 7,198 km, tracé sur lequel Jean Behra triompha pour Gordini au Grand Prix de la Marne, puis la bretelle nord‑est achevée en 1953 porta le tracé à 8,347 km, légèrement réduit à 8,301 km en 1954 après une modification du virage de Thillois. Avec ces aménagements, le circuit comprenait la RN 31, le CD 27, la bretelle sud et la nouvelle bretelle nord, et comportait cinq virages identifiés comme Gueux (ou le Calvaire), Annie Bousquet, la Hovette, Muizon et Thillois. Le circuit accueillit des événements majeurs : il fut retenu pour le Grand Prix de France en 1938 et accueillit la première course officielle de Formule 1 en 1950 ; il reçut au total quatorze Grands Prix de France, dont plusieurs hors championnat. Les Formule 1 y coururent pour la dernière fois en 1966, le dernier meeting comprenant F2, F3 et autres catégories eut lieu en 1969, la dernière compétition, un championnat de France de moto, se déroula le 11 juin 1972, et le site fut définitivement fermé en 1972 en raison de problèmes financiers. Aujourd’hui, une grande partie des stands et une portion du tracé subsistent, le virage de Muizon ayant été supprimé. Des manifestations de véhicules historiques ont été organisées sur le site, notamment le "Week-End de l’Excellence Automobile" en 2007, 2008 et 2009 qui a réuni voitures d’époque et pilotes, avec notamment la présence d’une Mercedes‑Benz W196 conduite par Jean Alesi. L’association Les Passionnés du Circuit de la Marne, créée en décembre 2023, conduit des opérations de restauration pour sauvegarder ce patrimoine régional et conserver les traces du circuit. Le site est inscrit aux Monuments historiques depuis mai 2009 et plusieurs travaux de réhabilitation ont été entrepris depuis 2007.