Frise chronologique
807
Testament de Guillaume de Gellone
Testament de Guillaume de Gellone
807 (≈ 807)
Première mention écrite de la baume Auriol.
Xe siècle
Première attestation de Navacelles
Première attestation de Navacelles
Xe siècle (≈ 1050)
Charte du cartulaire de Gellone : *« Novacella »*.
1595
Construction du pont sur la Vis
Construction du pont sur la Vis
1595 (≈ 1595)
Acte notarié pour un pont en pierre.
1875
Construction de l'église actuelle
Construction de l'église actuelle
1875 (≈ 1875)
Remplace un édifice plus ancien.
1943
Premier classement du site
Premier classement du site
1943 (≈ 1943)
Protection officielle du cirque.
19 décembre 2016
Label Grand Site de France
Label Grand Site de France
19 décembre 2016 (≈ 2016)
Reconnaissance nationale après 27 ans de gestion.
9 juin 2017
Record mondial de slackline
Record mondial de slackline
9 juin 2017 (≈ 2017)
1 680 m au-dessus du cirque.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Guillaume de Gellone - Fondateur de l’abbaye de Gellone |
Légua la baume Auriol en 807. |
| Félix Mazauric - Archéoologue du XXe siècle |
Explora la grotte du Roc-du-Midi. |
| Moines de Saint-Guilhem-le-Désert - Défricheurs et agriculteurs médiévaux |
Aménagèrent terrasses et domaine monastique. |
Origine et histoire
Le cirque de Navacelles est un phénomène géologique rare formé par un méandre recoupé de la rivière Vis, situé entre le causse du Larzac (Hérault) et le causse de Blandas (Gard). Classé depuis 1943, son périmètre actuel a été défini en 1983. Ce site, façonné il y a environ 6 000 ans par l’accumulation puis l’érosion de tufs, est marqué par une cascade et un hameau partagé entre deux départements. Son paysage spectaculaire, entre falaises calcaires et végétation méditerranéenne, en fait un lieu emblématique du Massif central méridional.
L’histoire humaine de Navacelles remonte au moins au Xe siècle, comme en témoigne une charte du cartulaire de Gellone évoquant « Novacella ». Les moines de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert, actifs dans la région, ont défriché les terres et aménagé des terrasses agricoles. Le site fut un domaine monastique avant de passer sous contrôle laïc à partir du XVe siècle. Au XVIe siècle, un pont en pierre fut construit sur la Vis (1595), et l’église actuelle date de 1875. Le hameau, organisé en cinq quartiers, comptait autrefois des moulins, des artisans et des truffeurs.
Le cirque est aussi un haut lieu de biodiversité, abritant 25 espèces d’oiseaux protégées (dont l’aigle royal et le vautour moine) et 20 espèces de mammifères ou poissons rares. Classé en ZNIEFF et Natura 2000, il a obtenu le label « Grand Site de France » en 2016 après des décennies de gestion environnementale. Aujourd’hui, le tourisme et la randonnée (GR 7, chemin de Saint-Guilhem) animent le site, tandis que des belvédères régulent les flux de visiteurs pour préserver son écosystème fragile.
La formation géologique du cirque résulte de dépôts marins jurassiques (-190 à -150 millions d’années), fracturés par des mouvements tectoniques au Néogène. Le méandre fut recoupé il y a 6 000 ans, en partie à cause de l’activité humaine : la déforestation et l’agriculture ont accru le ruissellement, érodant les tufs qui bloquaient autrefois la Vis. Ce processus, similaire à celui observé à Saint-Guilhem-le-Désert, a figé définitivement la morphologie actuelle du site.
Les grottes environnantes, comme celle du Roc-du-Midi, abritent des vestiges préhistoriques (Néolithique, âge du bronze, époque gallo-romaine). Les chemins taillés dans les falaises et les abris sous roche témoignent d’une occupation ancienne. La région, marquée par la transhumance et les voies romaines secondaires, fut aussi un refuge pour les Camisards pendant les guerres de Religion. Le nom « Navacelles » (anciennement « Novacella ») évoque son passé monastique, lié à l’abbaye de Gellone.
Aujourd’hui, le cirque allie préservation et activités touristiques. En 2017, il a accueilli un record mondial de slackline (1 680 m au-dessus du vide). Les communautés locales, via le Syndicat Mixte du Grand Site, gèrent les flux pour limiter l’impact écologique. Les habitants, surnommés « Lous gulars » (« les gueulards ») pour leur voix portant au-dessus de la cascade, perpétuent une vie rurale adaptée à ce site exceptionnel, entre mémoire historique et défis contemporains.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Ouverture : Conditions de visites sur le site officiel ci-dessus