Origine et histoire du Cirque romain et de La Pyramide
Le cirque romain de Vienne, édifié à la fin du IIe siècle, est un monument emblématique de l’Antiquité dans la ville de Vienne (Isère). Il est aujourd’hui connu principalement par sa pyramide, un vestige maçonné de 23 mètres de haut, seul élément encore debout en France évoquant un style égyptisant. Ce monument, classé depuis 1852, marquait le centre de la spina (barrière centrale) du cirque, utilisé pour les courses de chars. Les fouilles du XIXe siècle ont révélé un édifice de 460 mètres de long, succédant à un premier cirque en bois construit à la fin du Ier siècle.
La pyramide, souvent appelée localement « Tombe de Pilate » en raison de légendes médiévales, repose sur un tétrapyle et pourrait remplacer un obélisque disparu. Son architecture atypique – une base carrée de 7,45 m de haut surmontée d’un obélisque tronqué – en fait un symbole de Vienne. Le cirque, situé près du Rhône, était un lieu de divertissement majeur, potentiellement utilisé jusqu’au IVe siècle, comme en témoignent des monnaies de cette époque.
Le site, fouillé à partir de 1853, révèle une évolution architecturale : le premier cirque, en matériaux légers, fut remplacé par une structure en dur agrandie au IIe siècle. La spina, basse (0,60 m) et ornée de bassins, était un élément central des courses. À proximité, le restaurant La Pyramide, lié au chef Fernand Point, perpétue la renommée du monument. Les légendes autour de la pyramide, comme celle de Ponce Pilate, illustrent son ancrage dans l’imaginaire local depuis le Moyen Âge.
Classée monument historique dès 1852, la pyramide domine aujourd’hui la place Fernand-Point, ancienne place de la Pyramide. Son état de conservation in situ et son caractère unique en font un témoignage rare des cirques romains en Gaule. Les modifications possibles au IVe siècle, lors du changement de statut de Vienne (résidence impériale occasionnelle), suggèrent une utilisation prolongée, malgré l’abandon des quartiers environnants.