Origine et histoire de la Citadelle
La citadelle du Palais, située à Belle-Île-en-Mer, domine la commune du même nom. Son origine remonte à un fortin médiéval du XIVe siècle, alors propriété de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. Au XVIe siècle, François de Rohan-Gié y érige un fort bastionné, avant qu’Albert de Gondi, duc de Retz, ne le reconstruise en 1549 sous Henri II, utilisant les pierres du château de l’Hermine à Vannes. Nicolas Fouquet, bien que jamais venu sur place, y finance des travaux via Daigremont, dont un pavillon aujourd’hui connu sous le nom de château Fouquet.
Vauban, en 1683, critique la disposition des lieux et conçoit une enceinte à six bastions, dont seule la citadelle sera réalisée. Pendant la guerre de Sept Ans (1761-1763), les Britanniques s’en emparent après un siège. La citadelle sert aussi de prison, notamment pour les complices de l’affaire des Poisons et des révolutionnaires comme Blanqui et Barbès au XIXe siècle. Déclassée militairement en 1933, elle est vendue en 1960 à André et Anna Larquetoux, qui la restaurent intégralement et y créent un musée.
Au XIXe siècle, Napoléon III achève une enceinte urbaine néoclassique autour du Palais, complétant les fortifications devenues obsolètes face à l’artillerie moderne. La citadelle, classée Monument Historique en 2007, abrite aujourd’hui des musées, un hôtel et des vestiges de ses usages carcéraux et militaires. Son mur de Haute-Boulogne, construit en 1848 pour enfermer des détenus politiques, et son arsenal de 1780 témoignent de son histoire mouvementée.
La restauration des Larquetoux (1960-1990) sauve 5,5 km de murailles, des casernes et des soubassements, avec l’aide d’archives militaires et de l’architecte Philippe Prost. Le site, revendu en 2001 au groupe Savry puis en 2020 à Keys Asset Management, reste un symbole du patrimoine breton. Malgré des demandes pour son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle n’y figure pas encore.
La citadelle comprend aussi des éléments annexes comme la Belle Fontaine (1703), réservoir d’eau classé, et le fort de Ramonette. Pendant les deux guerres mondiales, elle sert tour à tour de prison pour soldats allemands (1914-1918) puis d’occupation nazie (1940-1945), avant de redevenir un lieu culturel et touristique majeur.