Frise chronologique
1530
Construction initiale
Construction initiale
1530 (≈ 1530)
Ordonnée par François Ier, bastions en grès.
1599
Extension par Errard
Extension par Errard
1599 (≈ 1599)
Trois bastions ajoutés sous Henri IV.
1659
Fin du rôle militaire
Fin du rôle militaire
1659 (≈ 1659)
Traité des Pyrénées, devient prison.
1918
Bombardement allemand
Bombardement allemand
1918 (≈ 1918)
32 morts à l’hôpital canadien.
1944
Camp de déportés
Camp de déportés
1944 (≈ 1944)
2 500 détenus de Buchenwald.
1962
Enfermement des harkis
Enfermement des harkis
1962 (≈ 1962)
Conditions indignes reconnues en 2022.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble des fortifications ; façades et toitures du logis du gouverneur ; porte royale avec les vestiges du pont dormant correspondant ; porte de secours de l'ancien château (cad. AE 46, 47) : inscription par arrêté du 17 juillet 1978
Personnages clés
| François Ier - Roi de France |
Commanditaire de la citadelle (1530). |
| Jean Errard - Ingénieur militaire |
Agrandit la citadelle en 1599. |
| Albertine Sarrazin - Écrivaine |
S’évade en 1957, inspirant *L’Astragale*. |
| Gerhard Weigel - Commandant SS |
Responsable du commando de Buchenwald (1944). |
Origine et histoire
La citadelle de Doullens, située dans la Somme (Hauts-de-France), est un chef-d’œuvre d’architecture militaire des XVIe–XVIIe siècles, antérieur aux réalisations de Vauban. Construite en grès sous François Ier (1530) pour protéger la frontière face à l’Artois espagnol, elle fut renforcée par Henri IV en 1599 avec trois bastions de brique conçus par Jean Errard. Son rôle stratégique déclina après le rattachement de l’Artois à la France en 1659 (traité des Pyrénées), la transformant en prison d’État.
Au XIXe siècle, la citadelle devint un lieu de détention pour des figures politiques comme Blanqui, Barbès ou Proudhon. Pendant la Première Guerre mondiale, elle abritait un hôpital militaire canadien bombardé en 1918, causant 32 morts. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle servit de Frontstalag pour prisonniers alliés (1940), puis de camp d’internement français (1941–1943) et de quartier général allemand avec blockhaus. En 1944, elle détint 2 500 déportés de Buchenwald avant de devenir une garnison FFI.
Après 1945, la citadelle accueillit des harkis dans des conditions indignes (1962), reconnues par une loi de réparation en 2022. Désaffectée en 1965, elle fut restaurée à partir de 1973 par des bénévoles, puis gérée par Somme Patrimoine depuis 2018. Aujourd’hui, le site allie visites historiques (galeries de contre-mines, prisons), événements culturels (festival multi-époques) et sportifs (VTT, moto-cross), tout en honorant sa mémoire, comme l’évasion d’Albertine Sarrazin en 1957, immortalisée dans L’Astragale.