Origine et histoire de la Citadelle
La citadelle de Longwy fut construite entre 1679 et 1690 sur ordre du roi de France, après l’annexion de la ville par le traité de Nimègue (1678). Confié à Sébastien Le Prestre de Vauban et Choisy, le projet impliqua la destruction du vieux château lorrain et de Longwy-Haut pour ériger une ville neuve fortifiée sur un plateau dominant la vallée de la Chiers. Organisée en quadrilatères autour d’une place centrale, la forteresse hexagonale intégrait une église, un arsenal, onze casernes et cinq puits, avec deux portes d’accès : la porte de Bourgogne (détruite en 1914) et la porte de France (classée en 1913).
La citadelle subit des dommages lors des bombardements de 1914 et 1944, mais plus de la moitié de ses remparts et bastions (château, du Bourg, Notre-Dame, Saint-Martin) restent intacts aujourd’hui. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008 comme œuvre majeure de Vauban, elle conserve des éléments défensifs ajoutés entre 1730 et 1884, tels que les lunettes de Bourgogne et de France, ou des casemates. Des modifications ultérieures (1822-1958) altérèrent partiellement son tracé, notamment la destruction de l’ouvrage à corne (1958) et le percement de routes dans les bastions.
À l’origine, la forteresse répondait à un besoin stratégique : contrôler la frontière nord du royaume après la guerre de Hollande. Vauban y appliqua ses principes d’architecture militaire offensive/défensive, avec des ouvrages en étoile et des demi-lunes. Le site abrite aujourd’hui le musée des émaux de Longwy, installé dans l’ancienne boulangerie militaire, témoignant du patrimoine artisanal local. Les bâtiments d’origine (hôtel de ville, casernes, puits central) illustrent encore l’organisation urbaine conçue pour une garnison autarcique.
Les fronts nord et ouest furent démantelés au XXe siècle pour l’expansion urbaine, mais les fronts est et sud, ainsi que la porte de France (restaurée en 1859), restent emblématiques. Les vestiges classés en 1933 (bastions, courtines, ouvrage à Cornes) soulignent l’ingéniosité du système défensif, conçu pour résister aux sièges. La redoute du vieux château (1789-1792) et les renforcements de 1827 reflètent les adaptations continues face aux évolutions militaires.
Longwy, ville lorraine historiquement disputée entre ducs et rois de France, devint sous Louis XIV un verrou territorial grâce à cette citadelle. Son plan hexagonal, ses onze casernes et son arsenal en firent un modèle de place forte de plaine, distinct des citadelles de montagne. Les destructions partielles (1921-1954) n’ont pas altéré son statut de joyau du patrimoine vaubanien, aujourd’hui ouvert au public et valorisé pour son histoire militaire et son architecture unique.