Frise chronologique
vers 1200
Construction du château philippien
Construction du château philippien
vers 1200 (≈ 1200)
Philippe Auguste érige un château royal polygonal.
Fin XIIe – début XIIIe siècle
Construction du château philippien
Construction du château philippien
Fin XIIe – début XIIIe siècle (≈ 1325)
Philippe Auguste érige un château polygonal à huit tours.
Début XIVe siècle
Édification de la tour de la Reine Berthe
Édification de la tour de la Reine Berthe
Début XIVe siècle (≈ 1404)
Tour-porte de 15 m intégrée à l’enceinte urbaine.
1537
Destruction par Charles Quint
Destruction par Charles Quint
1537 (≈ 1537)
Ville et fortifications ravagées, déclenchant leur modernisation.
Vers 1600
Achèvement de la citadelle étoilée
Achèvement de la citadelle étoilée
Vers 1600 (≈ 1600)
Cinq bastions conçus par Jean Errard.
Années 1670
Intervention de Vauban
Intervention de Vauban
Années 1670 (≈ 1670)
Ajout d’un arsenal et d’une demi-lune côté ville.
1670
Renforts par Vauban
Renforts par Vauban
1670 (≈ 1670)
Ajout d’un arsenal et de glacis.
fin XVIe siècle
Transformation en citadelle bastionnée
Transformation en citadelle bastionnée
fin XVIe siècle (≈ 1695)
Création d’une étoile à cinq bastions.
1916
QG britannique pendant la Grande Guerre
QG britannique pendant la Grande Guerre
1916 (≈ 1916)
Centre de transmission dans les casemates.
18 décembre 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
18 décembre 1926 (≈ 1926)
Protection officielle du site et de ses remparts.
1943–1944
Construction du complexe souterrain allemand
Construction du complexe souterrain allemand
1943–1944 (≈ 1944)
Casernement inachevé sous les remparts.
9 juin 1946
Ouverture de l’auberge de jeunesse
Ouverture de l’auberge de jeunesse
9 juin 1946 (≈ 1946)
Réaffectation du site après la Seconde Guerre mondiale.
2016-2022
Restauration par des bénévoles
Restauration par des bénévoles
2016-2022 (≈ 2019)
Travaux sur la citadelle par l’association CHAM.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines des remparts : classement par arrêté du 10 septembre 1913 - Citadelle : les enceintes, y compris la porte d'entrée, la tour de la Reine Berthe et les deux tours de l'ancienne entrée du château : classement par arrêté du 18 décembre 1926 - Le complexe souterrain allemand de la Deuxième Guerre Mondiale, en totalité, situé sous le front ouest des remparts dits de la Madeleine comprenant les tours B, C et D ainsi que les courtines entre elles, dont les entrées se trouvent sur la parcelle AB 3 : inscription par arrêté du 14 décembre 2012
Personnages clés
| Philippe Auguste - Roi de France |
Commanditaire du château philippien vers 1200. |
| Philippe Hurepel - Comte de Boulogne |
Fils de Philippe Auguste, inspiré par le château. |
| François Ier - Roi de France |
Modernise les remparts après 1537. |
| Charles IX - Roi de France |
Ordone le renforcement du château en 1567. |
| Jean Errard - Ingénieur militaire (fin XVIe siècle) |
Achève la citadelle étoilée vers 1600. |
| Vauban - Ingénieur militaire |
Renforce la citadelle vers 1670. |
| Marie-Cécile Von Springer - Mécène |
Finance l’acquisition de la citadelle par la commune. |
Origine et histoire
La citadelle de Montreuil-sur-Mer trouve ses origines à la fin du XIIe siècle, lorsque Philippe Auguste abandonne une motte castrale pour ériger un château philippien polygonal à huit tours, sans donjon. Ce château royal, dont subsistent le châtelet à deux tours massives et des éléments de courtines, aurait inspiré les forteresses de Boulogne-sur-Mer et Hardelot, construites par son fils bâtard Philippe Hurepel. Au début du XIVe siècle, l’enceinte urbaine se développe avec des ouvrages comme la tour de la Reine Berthe (15 m de diamètre), dotée d’un corps de garde et d’une salle remaniée aux XVIe–XVIIe siècles. Cette tour, intégrée plus tard à la citadelle, marquait l’entrée sud-ouest de la ville fortifiée, complétée par trois autres tours (F, E, et Blanche) reliées par des courtines.
La transformation en citadelle bastionnée débute après 1537, lorsque François Ier modernise les défenses de Montreuil, détruite par Charles Quint. Le château philippien est renforcé sous Charles IX (1567), puis remanié en étoile irrégulière à cinq bastions vers 1600 par Jean Errard. Au XVIIe siècle, Vauban, bien que considérant Montreuil comme un site de troisième rang, y ajoute un arsenal, une demi-lune côté ville, et retravaille les glacis. La citadelle perd son rôle stratégique après le déplacement des frontières, mais son chemin de ronde (XVIe–XVIIe siècles), juché au-dessus de la vallée de la Canche, offre une vue sur le fleuve, le phare du Touquet, et les villes côtières.
Au XIXe siècle, la citadelle devient la caserne Coligny, accueillant une école militaire préparatoire pour enfants de troupe (1886–1914). Pendant la Première Guerre mondiale, elle abrite en 1916 le Grand Quartier Général britannique, ses casemates servant de centre de transmission. Après 1924, le site, désaffecté militairement, est ouvert au public par l’association Les Amis du Vieux Montreuil, qui y installe un musée et une bibliothèque. L’occupation allemande (1939–1944) disperse les collections et dégrade les bâtiments, avant que le site ne devienne une auberge de jeunesse en 1946.
Classée monument historique en 1926 (pour ses enceintes et la tour de la Reine Berthe) et en 1913 (pour ses remparts), la citadelle intègre aussi un complexe souterrain allemand de la Seconde Guerre mondiale, inscrit en 2012. Depuis 1926, elle est protégée pour son patrimoine naturel, notamment comme site Natura 2000 abritant une colonie de Grand rhinolophe. Aujourd’hui, le parcours de visite mêle histoire militaire, exposition sur les chauves-souris, et observatoire vidéo infrarouge, tout en offrant un panorama sur les paysages du Montreuillois.