Frise chronologique
1440
Construction initiale
Construction initiale
1440 (≈ 1440)
Édifiée par le doge Giano di Campofregoso.
3e quart XVIe siècle
Reconstruction par Thermes
Reconstruction par Thermes
3e quart XVIe siècle (≈ 1662)
Refaite après destruction par les Génois.
1794
Siège britannique
Siège britannique
1794 (≈ 1794)
Défendue par le général Gentili contre Dundas.
1795
Exil de Pascal Paoli
Exil de Pascal Paoli
1795 (≈ 1795)
Départ pour l’Angleterre depuis la citadelle.
12 février 1991
Inscription MH
Inscription MH
12 février 1991 (≈ 1991)
Citadelle et enceintes protégées.
18 octobre 1994
Classement du donjon
Classement du donjon
18 octobre 1994 (≈ 1994)
Protection renforcée du *torrione*.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Citadelle, murs d'enceinte compris (cad. A 867, 868, 870) : inscription par arrêté du 12 février 1991 ; Donjon (ou torrione) (cad. A 867) : classement par arrêté du 18 octobre 1994
Personnages clés
| Giano I di Campofregoso - Doge de Gênes |
Commanditaire de la citadelle en 1440. |
| Paul de La Barthe de Thermes - Général français |
Reconstruit la citadelle en 1553. |
| Pascal Paoli - Chef corse |
Quitta la Corse depuis la citadelle. |
| Général Gentili - Militaire corse |
Défendit le fort en 1794. |
| Général Dundas - Commandant britannique |
Assiégea la citadelle en 1794. |
Origine et histoire
La citadelle de Saint-Florent fut construite en 1440 par le doge de Gênes Giano I di Campofregoso pour contrôler le golfe et protéger le port de Bastia. Initialement conçue comme un fortin, elle fut partiellement détruite au XVIe siècle lors des conflits entre Génois et Français, puis reconstruite en 1553 par le général Paul de La Barthe de Thermes. Ses fortifications furent renforcées aux XVIIIe et XIXe siècles, intégrant une poudrière, une chapelle, des prisons et un donjon médiéval (le torrione), témoin des transformations militaires successives.
La citadelle joua un rôle clé dans l’histoire corse : en 1795, Pascal Paoli y embarqua pour son exil en Angleterre après la défaite face aux Britanniques. Le fort Gentili, nommé en hommage à un général corse, résista en 1794 aux assiégeants anglais menés par le général Dundas, avant que la Corse ne passe temporairement sous domination britannique. Les vestiges actuels, incluant deux tours rondes et une tour carrée, reflètent ces strata historiques, des origines génoises aux adaptations modernes.
Classée Monument Historique en 1991 (citadelle et enceintes) et 1994 (donjon), la citadelle incarne le patrimoine militaire de la Haute-Corse. Son architecture hybride — mélange de structures médiévales, de renforcements Renaissance et d’ajouts du XIXe siècle — illustre les enjeux stratégiques de la Méditerranée occidentale. Aujourd’hui propriété communale, elle reste un symbole de la résistance corse et un lieu de mémoire lié à Paoli et aux luttes pour l’indépendance.
Les sources historiques, comme le récit d’Antoine Claude Valery en 1837, soulignent sa vulnérabilité terrestre mais son importance portuaire. La citadelle abrite aussi des éléments civils (chapelle du XVIIe siècle, prisons du XIXe siècle), témoignant de son évolution d’ouvrage purement militaire à un espace polyvalent, au cœur de la fondation de Saint-Florent au XVIe siècle.