Frise chronologique
XIIIe siècle
Construction des remparts de la ville haute
Construction des remparts de la ville haute
XIIIe siècle (≈ 1350)
Premières fortifications sous les rois de Navarre.
1625-1627
Édification de la citadelle
Édification de la citadelle
1625-1627 (≈ 1626)
Par Pierre de Conty de La Mothe d'Argencourt.
1680
Rénovation par Vauban
Rénovation par Vauban
1680 (≈ 1680)
Ajout de demi-lunes et renforcement des défenses.
1814
Démilitarisation
Démilitarisation
1814 (≈ 1814)
Fin de son usage militaire continu.
1963
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1963 (≈ 1963)
Protection officielle de la citadelle et redoute.
Années 1980
Transformation en collège
Transformation en collège
Années 1980 (≈ 1980)
Réaffectation du site en établissement scolaire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Sanche VII le Fort - Roi de Navarre (1194-1234) |
Fonda la ville et construisit le premier château. |
| Pierre de Conty de La Mothe d'Argencourt - Ingénieur militaire |
Conçut la citadelle initiale (1625-1627). |
| Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire |
Remania la citadelle en 1680. |
| Antoine de Ville - Ingénieur du roi |
Dirigea les premiers travaux (XVIIe siècle). |
| François Ferry - Ingénieur militaire |
Travaux complémentaires (1686-1700). |
Origine et histoire
La citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port, située dans les Pyrénées-Atlantiques en Nouvelle-Aquitaine, fut construite au XVIIe siècle sur l’emplacement de l’ancien château fort des rois de Navarre. Édifiée entre 1625 et 1627 par Pierre de Conty de La Mothe d'Argencourt, elle fut ensuite remaniée par l’ingénieur militaire Vauban en 1680, qui y ajouta des demi-lunes et renforça ses défenses. Ce système bastionné, typique de l’architecture militaire française de l’époque, visait à sécuriser la frontière avec l’Espagne, dans un contexte de tensions franco-espagnoles et de guerres de Religion.
La citadelle, qui domine la ville haute et ses remparts médiévaux du XIIIe siècle, intègre des éléments défensifs comme des fossés, des casemates, des bastions et des ponts-levis. Elle abritait des infrastructures militaires complètes : arsenaux, poudrières, boulangerie, puits et chapelle. Occupée comme garnison jusqu’aux années 1920, elle servit brièvement de prison pendant la Première Guerre mondiale avant d’être transformée en collège public dans les années 1980. Aujourd’hui, bien que non accessible au public, elle reste un exemple remarquable de l’art militaire du XVIIe siècle, préservant son plan d’origine et ses aménagements intérieurs.
Les remparts de la ville haute, datant du XIIIe siècle, furent renforcés au XIVe siècle puis modifiés par Vauban, qui y ajouta des archères droites et des murs de liaison avec la citadelle. Ces fortifications, complétées au XVIIIe siècle par une enceinte pour la ville basse, illustrent l’évolution des techniques défensives sur près de cinq siècles. La citadelle, classée Monument Historique en 1963, inclut également la redoute de Gaztelumendi, prolongement stratégique de ses défenses. Son histoire reflète les conflits répétés pour le contrôle de la Navarre, entre royaumes de France, d’Espagne et de Navarre, ainsi que son rôle clé dans la protection des voies de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Saint-Jean-Pied-de-Port, fondée comme bastide au XIIe siècle par Sanche VII le Fort, roi de Navarre, devint un centre politique et commercial majeur, capitale de la Merindad de Ultrapuertos. La ville, ceinte de murailles percées de cinq portes médiévales (dont la porte Saint-Jacques, empruntée par les pèlerins), fut un enjeu stratégique lors des guerres de Navarre au XVIe siècle. La citadelle, en barrant l’accès vers l’Espagne, complétait un dispositif défensif incluant les forts de Bayonne, Hendaye et Navarrenx, conçu pour contrôler les Pyrénées occidentales.
L’architecture de la citadelle, combinant grès et calcaire, montre l’influence des ingénieurs militaires français, avec des bastions angulaires et des demi-lunes caractéristiques des places fortes de montagne. Les casemates souterraines, les magasins à poudre et le puits témoignent de son autonomie en cas de siège. Bien que démilitarisée en 1814, sa structure a peu évolué, offrant un témoignage intact des fortifications pré-vaubaniennes et vaubaniennes. La ville, quant à elle, conserve un patrimoine civil et religieux médiéval, comme l’église Notre-Dame-du-Bout-du-Pont et les maisons à colombages de la rue de la Citadelle, reflétant son riche passé navarrais et basque.