Frise chronologique
1625
Première citadelle
Première citadelle
1625 (≈ 1625)
Construction puis destruction en 1628.
1681-1702
Construction actuelle
Construction actuelle
1681-1702 (≈ 1692)
Dirigée par François Ferry et Vauban.
1873-1938
Dépôt des forçats
Dépôt des forçats
1873-1938 (≈ 1906)
Regroupement avant départ pour les bagnes.
1938
Transformation en maison centrale
Transformation en maison centrale
1938 (≈ 1938)
Fin de la transportation, début pénitentiaire.
20 mars 1984
Classement Monuments Historiques
Classement Monuments Historiques
20 mars 1984 (≈ 1984)
Protection intégrale de la citadelle.
7 juillet 2008
Classement UNESCO
Classement UNESCO
7 juillet 2008 (≈ 2008)
Patrimoine mondial au titre des fortifications Vauban.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La citadelle et les fortifications, en totalité (cad. E 2 à 7, 11 à 19, 22 à 29, 31 à 42, 46 à 48, 50 à 67, 759, 827, 1016, 1017, 1109, 1129, 1189) : classement par arrêté du 20 mars 1984
Personnages clés
| Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire |
Concepteur du système défensif. |
| François Ferry - Architecte |
Dirigea les travaux de 1681 à 1702. |
| Alfred Dreyfus - Détenu célèbre |
Transita par la citadelle avant Cayenne. |
| Henri Charrière (Papillon) - Forçat emblématique |
Prisonnier avant son évasion légendaire. |
| Charles Berling - Président de l'Étoile de Vauban |
Soutien à la candidature UNESCO. |
Origine et histoire
La citadelle de Saint-Martin-de-Ré fut construite entre 1681 et 1702 sous la direction de François Ferry, avec l’accord de Vauban, pour renforcer la défense de l’île de Ré après le siège de La Rochelle (1628). Ce carré parfait, accessible par une unique porte monumentale, abritait des casernes, une chapelle et un arsenal conçus pour 1 200 hommes. Elle illustre le premier système de fortifications insulaires de Vauban et fut classée aux monuments historiques en 1984, puis au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008.
Entre 1873 et 1938, la citadelle servit de dépôt central pour les condamnés aux travaux forcés avant leur départ vers les bagnes de Guyane ou de Nouvelle-Calédonie. Jusqu’à 1 000 détenus y étaient entassés dans des conditions précaires, malgré une capacité prévue pour 500. Des figures comme Alfred Dreyfus ou Henri Charrière (Papillon) y transitèrent. Les prisonniers subissaient des traversées périlleuses depuis le continent, comme en témoigne un récit de 1929 décrivant leur arrivée trempés et malmenés par la tempête.
Après l’abolition de la transportation en 1938, la citadelle devint une maison centrale, toujours active aujourd’hui avec plus de 400 détenus. En 1958, elle accueillit des prisonniers algériens. Avec 485 places, c’est la plus grande maison centrale de France, employant 285 agents pénitentiaires, soit le premier employeur de l’île. Son glacis non urbanisé et ses souterrains en font un exemple rare de conservation intégrale.
Une première citadelle, bâtie en 1625, fut détruite en 1628 après un siège anglais. Les plans actuels, inspirés de Vauban, intègrent des bastions aux angles, une demi-lune devant chaque front, et un petit port retranché. La porte d’entrée, dite de Montluc, arbore un style dorique avec fronton sculpté. La chapelle, située derrière le flanc est, présente une porte dorique à fronton circulaire.
La citadelle incarne aussi un lieu de mémoire pénitentiaire. Les forçats y passaient deux semaines dans des conditions améliorées (viande, vin, promenades) avant leur voyage vers les colonies. Une visite médicale et des vaccins (typhoïde, variole) déterminait leur aptitude au départ. Ce site, géré par l’administration pénitentiaire de Bordeaux, dépend aujourd’hui du tribunal de La Rochelle.
Son classement à l’UNESCO fut soutenu par l’association L’Étoile de Vauban, présidée par l’acteur Charles Berling. Les fortifications, entièrement conservées à l’exception de quelques bâtiments, témoignent de l’ingénierie militaire française des XVIIe et XVIIIe siècles, tout en jouant un rôle contemporain dans le système carcéral.