Frise chronologique
2e moitié XIVe siècle – 1er quart XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
2e moitié XIVe siècle – 1er quart XVe siècle (≈ 1525)
Fortifications médiévales et donjon du XIIe.
1590–1597
Modernisation par Jean Errard
Modernisation par Jean Errard
1590–1597 (≈ 1594)
Introduit les *dents de scie*, précurseur de Vauban.
1639
Emprisonnement du prince Jean Casimir Vasa
Emprisonnement du prince Jean Casimir Vasa
1639 (≈ 1639)
Futur roi de Pologne détenu 6 mois.
1692
Inspection de Vauban
Inspection de Vauban
1692 (≈ 1692)
Projet inachevé sauf magasin à poudre.
1815
Passage de Napoléon
Passage de Napoléon
1815 (≈ 1815)
Étape des Cent-Jours, déjeuner impérial.
1944
Bombardements alliés
Bombardements alliés
1944 (≈ 1944)
300 victimes civiles, chapelle détruite.
2015
Classement intégral
Classement intégral
2015 (≈ 2015)
Monument historique en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La citadelle, avec tous les éléments bâtis et non bâtis qu'elle comporte, y compris le fortin situé en contrebas du côté de la Durance, correspondant à la parcelle n° 87, figurant au cadastre AS, telle que délimitée et hachurée en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : classement par arrêté du 20 janvier 2015
Personnages clés
| Jean Errard - Ingénieur militaire d'Henri IV |
Modernise la citadelle (1590–1597). |
| Vauban - Architecte militaire de Louis XIV |
Inspecte et propose des aménagements (1692). |
| Jean Casimir Vasa - Prince polonais, futur roi |
Prisonnier politique en 1639. |
| Napoléon Ier - Empereur des Français |
Passe à Sisteron en 1815. |
| Claude Courageux - Maître verrier |
Vitraux de la chapelle restaurée. |
Origine et histoire
La citadelle de Sisteron, perchée à 500 m d’altitude sur un éperon rocheux, contrôle depuis le Moyen Âge le passage entre le Dauphiné et la Provence via la vallée de la Durance. Son emplacement stratégique en fit un enjeu militaire majeur, marqué par des fortifications successives dès le XIIe siècle, avec un donjon et un rempart supérieur médiéval. Les vestiges antiques (oppidum celte, castrum romain) ont disparu, mais la Via Domitia voisine témoigne de son importance ancienne.
Au XVIe siècle, les guerres de Religion ravagent la citadelle, poussant Henri IV à confier sa modernisation à l’ingénieur Jean Errard (1590–1597). Ce dernier y introduit des innovations comme les fortifications en dents de scie, précurseurs des systèmes bastionnés perfectionnés plus tard par Vauban. Errard étage quatre enceintes au sud et trois au nord, intégrant des portes défendues par des ponts-levis. Ces travaux transforment Sisteron en archétype de la fortification pré-vaubanienne, adaptée aux canons de l’époque.
Un siècle plus tard, en 1692, Vauban inspecte la citadelle après une invasion savoyarde et propose un plan ambitieux : rehausser les courtines, renforcer les accès et construire un magasin à poudre à l’abri des tirs. Seul ce dernier, avec son puits, sera réalisé. Les ultimes aménagements (1842–1860) suivent ses recommandations, avec des portes charretières, une citerne, et un escalier souterrain reliant la forteresse à la ville. Ces adaptations reflètent les tensions frontalières avant l’annexion de Nice et de la Savoie.
La chapelle Notre-Dame-du-Château (XIVe siècle), joyau gothique aux pierres dichromiques (grès doré et calcaire gris), incarne le contraste entre guerre et paix. Détruite à 75 % en 1944 lors des bombardements alliés, elle est restaurée et abrite aujourd’hui des expositions. La citadelle, démilitarisée en 1920, devient un symbole de mémoire : elle abritera successivment des prisonniers politiques (1940–1944), des collaborateurs (1945), et un musée sur le retour de Napoléon de l’île d’Elbe.
Classée monument historique dès 1925 (pour ses remparts et la chapelle), puis intégralement en 2015, la citadelle doit sa préservation à l’Association Arts, Théâtre, Monuments, qui la restaure depuis 1956 avec le soutien municipal. Son histoire croisée — prison d’État (le prince polonais Jean Casimir Vasa y fut détenu en 1639), étape napoléonienne (1815), camp d’internement (1940) — en fait un lieu de patrimoine à la fois militaire, carcéral et culturel.
Les innovations architecturales de Sisteron, mêlant héritage médiéval et ingénierie moderne, illustrent l’évolution des fortifications françaises. Son plan vertical sur quatre niveaux au sud, avec des bastions étagés, préfigure les principes vaubaniens. Les ajouts du XIXe siècle, bien que significatifs, ont préservé l’authenticité des dispositions du début du XVIIe siècle, faisant de ce site un témoignage rare de la transition entre Moyen Âge et époque classique.
Devenir actuel
Depuis une cinquantaine d'années, au milieu de l'été, le festival des "Nuits de la Citadelle" enchante Sisteron et ses visiteurs de musique, danse et théâtre.
Les années paires, la citadelle retourne au temps du Moyen-Age le temps d'un festival des arts et métiers médiévaux couronné par un spectacle équestre.
Conditions de visite
Conditions de visite : Ouvert toute l'année
Période d'ouverture : On peut visiter la Citadelle du 1er avril au 11 novembre.
Jours d'ouverture : Tous les jours
Horaires d'ouverture : Les heures d'ouverture sont de 9 à 18h en avril, 18h30 en mai, 19 h en juin et septembre, 19h30 en juillet et août, 17h30 en octobre, et de 10h à 17h en novembre.
Tarifs de visite : Adultes : 6,50 euros Enfants de 6 à 14 ans : 2,80 euros (1,80 euros à partir du 2e enfant)
Contact organisation : Tél. 04 92 61 27 57
Equipements et Détails
- Animations
- Audio guide
- Boissons sur place
- Boutique souvenir
- Dépose minute
- Guide
- Parking à proximité