Frise chronologique
Ve siècle
Occupation wisigothe
Occupation wisigothe
Ve siècle (≈ 550)
Fortification après la chute de Rome.
725–759
Période sarrasine
Période sarrasine
725–759 (≈ 742)
Conquête par Ambiza, reprise par Pépin le Bref.
1209
Croisade des Albigeois
Croisade des Albigeois
1209 (≈ 1209)
Siège et rattachement au domaine royal.
1226–1247
Fortifications royales
Fortifications royales
1226–1247 (≈ 1237)
Double enceinte sous Louis IX et Philippe III.
XIe–XIIe siècles
Âge d’or Trencavel
Âge d’or Trencavel
XIe–XIIe siècles (≈ 1250)
Construction château comtal et basilique.
1853–1879
Restauration Viollet-le-Duc
Restauration Viollet-le-Duc
1853–1879 (≈ 1866)
Sauvetage et controverses architecturales.
1997
Classement UNESCO
Classement UNESCO
1997 (≈ 1997)
Reconnaissance patrimoine mondial.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les fortifications : classement par liste de 1862 - Les deux parcelles de terrain, lieux-dits Talus de la Barbacane et Porte d'Aude (cad. E 99, 1868) : classement par arrêté du 22 décembre 1926 - Les parcelles dénommées Champ Rigal Cadène et Grand Champ Sabatier Jalabert, à l'exclusion d'une zone délimitée sur le plan annexé à l'arrêté (cad. 1633, 1129 P) : classement par arrêté du 15 janvier 1942 - Le terrain compris entre la Cité et le grand séminaire (cad. E5 1755) : classement par arrêté du 28 mai 1932 - Le terrain dit Champ du Tournoi, situé en bordure du chemin de la Cité de Carcassonne à Sainte-Croix (cad. E 109 à 112, 138) : classement par arrêté du 11 juillet 1942
Personnages clés
| Pépin le Bref - Roi des Francs |
Reprit Carcassonne aux Sarrasins (759). |
| Bernard Aton IV Trencavel - Vicomte de Carcassonne |
Bâtisseur du château comtal (XIIe s.). |
| Simon de Montfort - Chef croisé |
Prit la Cité en 1209 pendant l’Albigeoise. |
| Louis IX - Roi de France |
Renforça les défenses (XIIIe s.). |
| Jean-Pierre Cros-Mayrevieille - Archéologue |
Sauva la Cité de la destruction (XIXe s.). |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte-restaurateur |
Dirigea les travaux controversés (1853–1879). |
Origine et histoire
La Cité de Carcassonne, située sur la rive droite de l’Aude, est un ensemble architectural médiéval dont les origines remontent à l’oppidum gallo-romain de Carcaso (VIe siècle av. J.-C.). Fortifiée par les Romains, puis occupée par les Wisigoths (Ve–VIIIe siècles), elle devient un enjeu stratégique lors des invasions sarrasines (725–759) avant d’être reprise par Pépin le Bref. Son apogée médiéval débute au XIe siècle sous les vicomtes Trencavel, qui y construisent le château comtal et la basilique Saint-Nazaire, tout en favorisant le commerce et l’implantation du catharisme.
Au XIIIe siècle, après la croisade des Albigeois (1209), la Cité passe sous contrôle royal. Louis IX et Philippe III le Hardi y renforcent les défenses avec une double enceinte (3 km de remparts, 52 tours) et des barbacanes, transformant Carcassonne en place forte frontalière face à l’Aragon. La Cité, épargnée par la guerre de Cent Ans, décline après le Traité des Pyrénées (1659), perdant son rôle militaire. Au XIXe siècle, menacée de destruction, elle est sauvée par l’archéologue Jean-Pierre Cros-Mayrevieille et restaurée par Viollet-le-Duc (1853–1879), malgré des critiques sur ses choix esthétiques (toits en ardoise, pont-levis reconstitué).
Classée Monument Historique dès 1862 et au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997, la Cité incarne aujourd’hui un joyau du tourisme occitan. Ses remparts, son château et sa basilique (mêlant styles roman et gothique) attirent 4 à 5 millions de visiteurs annuels. Les Médiévales et le festival estival animent ce site, tandis que ses 50 habitants permanents coexistent avec une activité commerciale tournée vers le patrimoine. La légende de Dame Carcas, liée à la résistance sarrasine, ajoute une dimension mythique à son histoire.
L’architecture de la Cité reflète ses strates historiques : enceinte gallo-romaine (Ier–IIIe siècles) avec tours en fer à cheval, remparts wisigoths (Ve–VIe siècles), et fortifications royales (XIIIe siècle) aux tours rondes et hourds. La porte Narbonnaise (1280), symbole de ce système défensif, et la basilique Saint-Nazaire (XIe–XIVe siècles), aux vitraux exceptionnels, illustrent cette synthèse. Les restaurations du XIXe siècle, bien que controversées, ont préservé ce patrimoine unique, aujourd’hui géré par le Centre des Monuments Nationaux.