Frise chronologique
1826
Construction de la cité
Construction de la cité
1826 (≈ 1826)
Initiée par Manby et Wilson pour ouvriers anglais.
1830
Occupation mixte
Occupation mixte
1830 (≈ 1830)
Mineurs et métallurgistes cohabitent dans la cité.
1880
Premières modifications
Premières modifications
1880 (≈ 1880)
Agrandissements et transformations intérieures.
1913
Destruction partielle
Destruction partielle
1913 (≈ 1913)
Logements détruits pour modifier une rue.
1919
Construction du lavoir
Construction du lavoir
1919 (≈ 1919)
Équipement collectif ajouté à la cité.
1943
Bombardements
Bombardements
1943 (≈ 1943)
Lavoir détruit pendant la guerre.
1952
Reconstruction du lavoir
Reconstruction du lavoir
1952 (≈ 1952)
Rétabli après les dégâts de 1943.
1978
Rachat par l'écomusée
Rachat par l'écomusée
1978 (≈ 1978)
Sauvegarde avant démolition prévue.
6 novembre 1980
Inscription Monument Historique
Inscription Monument Historique
6 novembre 1980 (≈ 1980)
Protection officielle de la cité.
1982
Réhabilitation en logements sociaux
Réhabilitation en logements sociaux
1982 (≈ 1982)
Gestion confié à l’OPAC de Saône-et-Loire.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les immeubles situés chemin de la Combe-des-Mineurs (cad. AK 58, 60 à 72, 78 à 81, 180, 184, 186 à 188) : inscription par arrêté du 6 novembre 1980
Personnages clés
| Aaron Manby - Maître de forges anglais |
Initiateur de la cité avec Wilson. |
| Daniel Wilson - Maître de forges anglais |
Co-initiateur, inspiré par le modèle gallois. |
Origine et histoire
La cité de la Combe des Mineurs, aussi appelée Combe des Anglais, est édifiée en 1826 au Creusot (Saône-et-Loire) par les maîtres de forges anglais Aaron Manby et Daniel Wilson. Ces industriels, arrivés en janvier 1826, y logent une colonie d’ouvriers sidérurgistes anglais recrutés avec leurs familles, selon des contrats prévoyant un hébergement adapté. Le site, initialement nommé Combe ou Combe des Nouillots, rompt avec les casernes locales (logements collectifs) en proposant 41 maisons individuelles en brique, organisées en terrasses pour épouser la pente. Chaque logement de 23 m2, inspiré des dual rows galloises, comprend deux pièces principales et des annexes pour le charbon ou des activités agricoles.
En 1830, la cité abrite à la fois des mineurs et des métallurgistes. Vers 1850, on y dénombre 230 habitants (5 par logement en moyenne). Des modifications interviennent à partir de 1880 : agrandissements, destruction partielle en 1913 pour élargir une rue, et construction d’un lavoir en 1919 (reconstruit en 1952 après les bombardements de 1943). Menacée de destruction dans les années 1970, la cité est sauvée par l’écomusée du Creusot-Montceau en 1978, puis inscrite aux Monuments historiques en 1980. Sa réhabilitation en logements sociaux (1982) et sa gestion par l’OPAC de Saône-et-Loire préservent ce témoignage précoce d’urbanisme industriel paternaliste.
Architecturalement, les cinq bâtiments en brique et tuiles plates s’adaptent à la déclivité du terrain. Les logements, accessibles par des rues opposées selon leur niveau, intègrent des fenêtres carrées et des annexes (stockage, jardins). Ce modèle hybride — entre habitat rural et concentration ouvrière — annonce l’abandon progressif des casernes au profit de cités familiales. La Combe des Mineurs illustre ainsi l’influence britannique sur l’industrialisation française et l’évolution des politiques de logement ouvrier au XIXe siècle.
La cité est aujourd’hui protégée pour son caractère pionnier : première réalisation de ce type au Creusot, elle combine économie de construction, indépendance des logements (entrées séparées) et proximité avec les activités agricoles. Son inscription en 1980 souligne son rôle dans l’histoire sociale et architecturale de la région bourguignonne, marquée par la sidérurgie et les migrations de main-d’œuvre qualifiée.