Frise chronologique
1928
Loi Loucheur
Loi Loucheur
1928 (≈ 1928)
Financement de 260 000 logements sociaux en France.
1931
Construction de la cité
Construction de la cité
1931 (≈ 1931)
40 pavillons bâtis par Henri et André Gutton.
1938
Rénovation des façades
Rénovation des façades
1938 (≈ 1938)
Briques recouvertes de plaques enduites.
1940-1945
Bombardements
Bombardements
1940-1945 (≈ 1943)
Trois pavillons détruits, reconstruits en béton.
30 décembre 1992
Classement monument historique
Classement monument historique
30 décembre 1992 (≈ 1992)
Façades, toitures et jardins protégés.
1997
Réhabilitation
Réhabilitation
1997 (≈ 1997)
Travaux dirigés par Antoine Grumbach.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de tous les pavillons ainsi que leur jardin privatif (cad. C 45, 46, 50 à 52, 55, 56, 58, 59, 62, 63, 65, 81, 88 à 91, 94, 95, 96, 98, 100, 101, 104, 105, 107, 108, 112 à 116, 120 à 122, 125 à 129) : inscription par arrêté du 30 décembre 1992
Personnages clés
| Raoul Dautry - Ingénieur et directeur des chemins de fer |
Initiateur des cités ouvrières pour cheminots. |
| Henri Gutton - Architecte et ingénieur |
Concepteur principal de la cité. |
| André Gutton - Architecte |
Co-auteur du projet avec son père. |
| Antoine Grumbach - Architecte |
Responsable de la réhabilitation en 1997. |
Origine et histoire
La cité ouvrière Les Dents de Scie a été construite en 1931 à Trappes (Yvelines) par les architectes Henri Gutton et son fils André, pour loger les cheminots de la Compagnie des chemins de fer de l'État. Inspiré des théories hygiénistes et de l'« habitat minimum », chaque pavillon de 66 m2 comprend un jardin privatif, une buanderie et des équipements modernes. Son nom provient de l’alignement en biais des maisons, évoquant une lame de scie.
Initiée dans le cadre de la loi Loucheur de 1928 sur les habitations à bon marché (HBM), cette cité-jardin reflète les ambitions sociales de l’entre-deux-guerres. Raoul Dautry, directeur des chemins de fer, a joué un rôle clé dans le développement de ces logements fonctionnels et agréables, proches des infrastructures ferroviaires. Trois pavillons, détruits pendant la Seconde Guerre mondiale, ont été reconstruits en béton.
Menacée de destruction, la cité a été sauvée grâce à la mobilisation des locataires et de la commune. Inscrite à l’inventaire des monuments historiques en 1992 pour ses façades, toitures et jardins, elle a été réhabilitée en 1997 par l’architecte Antoine Grumbach. Aujourd’hui propriété de l’Office public interdépartemental Essonne-Val-d’Oise-Yvelines, elle incarne un patrimoine social et architectural majeur.
La vie communautaire y a toujours été marquée par une forte solidarité entre familles de cheminots. En 1996, treize résidents d’origine y vivaient encore. La cité a aussi servi de décor à des films comme Holy Motors (2012) de Leos Carax ou Adieu les cons (2020) d’Albert Dupontel, renforçant son rayonnement culturel.
Son architecture, mêlant toit-terrasse, pilotis et façades libres, s’inspire des principes de Le Corbusier. Les matériaux d’origine (briques recouvertes de plaques enduites en 1938) et la disposition à 45° des pavillons en font un exemple unique de cité-jardin française. Le label « Patrimoine du XXe siècle » lui a été attribué par le ministère de la Culture.