Construction de la cité 1926-1931 (≈ 1929)
Période de construction des quarante pavillons conçus par Henri Gutton et son fils André.
1938
Rénovation des façades
Rénovation des façades 1938 (≈ 1938)
Les constructions en briques ont été habillées de plaques enduites.
30 décembre 1992
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 30 décembre 1992 (≈ 1992)
Les façades, les toitures et les jardins privatifs ont été inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.
1997
Réhabilitation de la cité
Réhabilitation de la cité 1997 (≈ 1997)
Travaux de réhabilitation menés par l'architecte Antoine Grumbach.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures de tous les pavillons ainsi que leur jardin privatif (cad. C 45, 46, 50 à 52, 55, 56, 58, 59, 62, 63, 65, 81, 88 à 91, 94, 95, 96, 98, 100, 101, 104, 105, 107, 108, 112 à 116, 120 à 122, 125 à 129) : inscription par arrêté du 30 décembre 1992
Personnages clés
Henri Gutton
Architecte concepteur de la cité ouvrière Les Dents de Scie.
André Gutton
Fils d'Henri Gutton, co-concepteur de la cité ouvrière.
Antoine Grumbach
Architecte responsable de la réhabilitation de la cité en 1997.
Origine et histoire de la Cité ouvrière Les Dents de Scie
La cité ouvrière Les Dents de Scie, située à Trappes (Yvelines) aux 6–60 et 5–27 avenue Marceau, comprend quarante pavillons accolés conçus par Henri Gutton et son fils André et construits entre 1926 et 1931. Destinée aux cheminots de la Compagnie des chemins de fer de l'État, elle s'implante à proximité de la gare de Trappes, l'un des centres ferroviaires les plus importants de France. Chaque pavillon, pourvu d'un jardin privatif, abrite un logement individuel de type quatre pièces d'environ 66 m² sur un sous-sol semi-enterré avec accès intérieur au jardin. Disposés de part et d'autre de l'avenue Marceau et implantés à 45° par rapport à la voie publique, les logements forment le dispositif en « dents de scie » qui a donné son nom à la cité. Conçue dans le contexte de l'entre-deux-guerres et des politiques d'habitat social, la cité vise à offrir aux familles d'ouvriers un logement fonctionnel et agréable. Les architectes se sont inspirés des réalisations allemandes liées à l'habitat minimum et au mouvement hygiéniste, en privilégiant le confort moderne et des espaces pratiques, chaque pavillon comportant notamment des points d'eau et une buanderie. Les constructions étaient initialement en briques; elles ont été habillées de plaques enduites en 1938. Trois maisons détruites par les bombardements de la dernière guerre ont été reconstruites en béton armé. La mobilisation des habitants et de la commune a permis la réhabilitation de la cité, évitant la destruction envisagée. À la demande de l'Amicale des locataires et de la commune, les façades, les toitures et les jardins privatifs de tous les pavillons ont été inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 30 décembre 1992. Cette inscription a favorisé une réhabilitation menée en 1997 par l'architecte Antoine Grumbach. La cité appartient aujourd'hui à l'Office Public interdépartemental de l'Essonne, du Val-d'Oise et des Yvelines. Sur le plan architectural, la cité reprend certains principes évoqués par Le Corbusier, tels que le toit-terrasse, l'ouverture libérant l'espace au sol et la façade conçue sans poteaux apparents. Le label « Patrimoine du XXe siècle » lui a été attribué par le ministère de la Culture. La cité a également servi de décor pour plusieurs productions, notamment Holy Motors de Leos Carax (2012), la série Trepalium (2014) et Adieu les cons d'Albert Dupontel (2020). Dès son origine, la cité s'est distinguée par la solidarité des familles ouvrières, lien social encore attesté par la présence de résidents d'origine dans les années 1990.