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Cité radieuse de Rezé en Loire-Atlantique

Patrimoine classé Patrimoine urbain Maison d'architecte Immeuble

Cité radieuse de Rezé

    35 Allée Georges Benezet
    44400 Rezé
Propriété privée ; propriété de la commune
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Cité radieuse de Rezé
Crédit photo : Pymouss44 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1945
Crise du logement post-Seconde Guerre mondiale
1950
Adoption du plan définitif
11 juin 1953
Début des travaux
16 mars 1955
Emménagement des premiers habitants
1971
Loi Chalandon
10 décembre 2001
Classement monument historique
2025
70 ans de la Cité radieuse
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures ; l'école en terrasse ; les circulations intérieures (hall d'entrée, rues et cages d'escalier) ; la passerelle ; les deux appartements témoins du sixième étage en totalité (cad. AI 492) : classement par arrêté du 10 décembre 2001

Personnages clés

Le Corbusier - Architecte Concepteur de l’unité d’habitation de Rezé.
Gabriel Chéreau - Vice-président de *La Maison familiale* Initiateur du projet avec Le Corbusier.
Michel Roux-Spitz - Architecte en chef de Nantes Opposant initial au projet corbuséen.
André Wogenscky - Collaborateur de Le Corbusier Co-auteur des plans définitifs (1950).

Origine et histoire

La Cité radieuse de Rezé, aussi appelée Maison radieuse ou Maison familiale, est une résidence collective conçue par Le Corbusier entre 1953 et 1955. Commandée par la coopérative HLM La Maison familiale, elle s’inscrit dans le contexte de la reconstruction d’après-guerre à Nantes, marquée par une crise du logement. Contrairement à l’unité marseillaise (1952), ce projet vise explicitement un public modeste, avec des logements sociaux et une gestion coopérative. Le bâtiment, plus petit que celui de Marseille, applique les principes du Modulor et du village vertical, mais sans rue commerçante pour des raisons budgétaires.

Le projet naît en 1950 après des tensions entre Gabriel Chéreau (vice-président de la coopérative) et Michel Roux-Spitz, architecte en chef de la reconstruction nantaise. Chéreau sollicite Le Corbusier pour adapter son concept d’unité d’habitation à un cadre HLM. Malgré des difficultés financières et des normes strictes, les travaux débutent en 1953 sur un terrain restreint de 2,5 hectares, ancien parc d’une demeure bourgeoise. L’inauguration a lieu en juillet 1955, avec un système innovant de location-vente coopérative, où les habitants deviennent actionnaires.

Dès 1955, les résidents bénéficient d’un modèle hybride entre location et propriété, mais la loi Chalandon (1971) impose un choix définitif. Seuls 10 % optent pour l’achat, conduisant à une copropriété tardive (1976) et à des départs massifs. Les années 1980-1990 voient une réhabilitation majeure des façades en béton, mal construites initialement pour réduire les coûts. Classée monument historique en 2001, la Cité radieuse abrite aujourd’hui 585 habitants, avec 55 % de logements sociaux et une association active depuis 1955.

Architecturalement, l’immeuble de 52 mètres de haut et 108 mètres de long se distingue par ses rues intérieures, ses duplex modulés, et son école maternelle en toiture-terrasse. Le Corbusier y intègre une passerelle surplombant une pièce d’eau, soulignant le lien avec le parc boisé de six hectares. Contrairement à Marseille, les appartements, plus petits, sont destinés à une population ouvrière et portuaire. Les espaces collectifs (bureau de poste jusqu’en 2003) et l’absence de commerces reflètent la volonté initiale d’un habitat purement résidentiel et social.

La gestion du site évolue avec des acquisitions foncières par les coopérateurs (années 1970) pour préserver l’environnement vert, essentiel à la vision de Le Corbusier. En 2025, la Cité fête ses 70 ans avec des expositions, comme L’enfance Radieuse, célébrant son héritage. Malgré des menaces de fermeture pour l’école et des défis de copropriété, le bâtiment reste un symbole du modernisme social, visitable partiellement (terrasse, hall, appartement témoin).

Liens externes