Frise chronologique
XIe siècle
Premières mentions
Premières mentions
XIe siècle (≈ 1150)
Rattachement à l’abbaye Saint-Victor et délimitation paroissiale.
1205
Reconstruction attestée
Reconstruction attestée
1205 (≈ 1205)
Inscription conservée sur une colonne.
XIVe siècle
Rénovation gothique
Rénovation gothique
XIVe siècle (≈ 1450)
Ajout d’arcs-boutants et de cinq travées.
6 janvier 1794
Arrêté de destruction
Arrêté de destruction
6 janvier 1794 (≈ 1794)
Rasement révolutionnaire pour punir Marseille.
1820
Calvaire et crypte
Calvaire et crypte
1820 (≈ 1820)
Aménagement post-révolutionnaire par Forbin-Janson.
1824–1826
Nouvelle église
Nouvelle église
1824–1826 (≈ 1825)
Construction de Notre-Dame-du-Bon-Secours.
7 juillet 1964
Classement MH
Classement MH
7 juillet 1964 (≈ 1964)
Protection du clocher comme monument historique.
2007–2013
Restauration majeure
Restauration majeure
2007–2013 (≈ 2010)
Canalisation de la source et réfection.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Clocher des Accoules au vieux port (cad. B 42) : inscription par arrêté du 7 juillet 1964
Personnages clés
| Abbé de Forbin-Janson - Missionnaire et fondateur |
Initiateur du calvaire en 1820 après un voyage. |
| Eugène de Mazenod - Prédicateur provençal |
Missionnaire en langue provençale en 1820. |
| Louis Gaufridy - Curé des Accoules |
Brûlé pour sorcellerie en 1611. |
| Jean-Charles Caillol - Entrepreneur |
Acheta la démolition de l’église en 1794. |
Origine et histoire
Le clocher des Accoules est le dernier vestige de l’église Notre-Dame-des-Accoules, une collégiale médiévale de style gothique méridional construite au cœur de Marseille. Fondée avant le XIe siècle, elle était initialement rattachée à l’abbaye Saint-Victor et jouait un rôle central dans la vie religieuse et judiciaire locale : la justice y était rendue devant son portail, sur l’actuelle place Daviel. Son nom viendrait de sa structure en arc (« per angulos et arcuatim constructa »), bien que certains l’associent à une source antique voisine alimentant un ruisseau vers le port.
L’église fut entièrement reconstruite en 1205 (date attestée par une inscription conservée) et probablement remaniée au XIVe siècle, comme en témoignent ses arcs-boutants et ses cinq travées. Elle abritait deux sanctuaires superposés, accessibles par un perron sud, et mesurait 50 mètres de long. En 1794, pendant la Révolution, elle fut rasée sur ordre des représentants du peuple pour punir Marseille de son soutien à l’insurrection fédéraliste. Seul le clocher fut épargné, car son horloge rythmait les activités portuaires, ainsi que le mur du chevet conservant les traces des nefs détruites.
En 1820, une crypte et un calvaire en rocaille furent aménagés contre ce mur, symbolisant une « restauration religieuse » post-révolutionnaire. L’abbé de Forbin-Janson, inspiré par un voyage en Palestine, y érigea une croix monumentale lors d’une mission évangélisatrice marquée par une procession géante à travers Marseille, malgré les tensions politiques (assassinat du duc de Berry, surveillance militaire). Ce lieu devint un pèlerinage, menant à la construction d’une nouvelle église Notre-Dame-du-Bon-Secours (1824–1826), de plan centré avec coupole, encastrée dans les rochers de la montée du Saint-Esprit.
Le clocher, classé monument historique en 1964, fut restauré entre 2007 et 2013, notamment pour canaliser la source antique causant des problèmes d’humidité. L’église voisine, endommagée en 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale, fut reconstruite en 1951. Le site conserve aussi la mémoire de Louis Gaufridy, curé des Accoules brûlé pour sorcellerie en 1611, après des accusations portées par deux religieuses ursulines d’Aix-en-Provence.
Aujourd’hui, le clocher des Accoules incarne la stratification historique de Marseille : du temple romain de Minerve (selon la tradition) à l’église médiévale, en passant par les bouleversements révolutionnaires et les reconstructions du XIXe siècle. Son emplacement, entre l’Hôtel de Ville et le Vieux-Port, en fait un repère patrimonial majeur du 2e arrondissement.