Origine et histoire de la Co-cathédrale Notre-Dame de l'Annonciation
La co-cathédrale Notre-Dame de l'Annonciation de Bourg-en-Bresse, édifiée au début du XVIe siècle, fut initialement la chapelle mariale Sainte-Marie de Bourg, attestée dès le XIIIe siècle. Une légende locale raconte qu’un pâtre aurait découvert une image de la Vierge dans un saule près de la porte d’Espagne, conduisant à la construction d’un oratoire et d’une statue en bois noir. En 1258, une chapelle desservie par des prêtres burgiens est mentionnée, et en 1343, le comte Aymon de Savoie y établit une riche fondation. La notoriété du sanctuaire grandit, attirant les habitants de Bourg au détriment de l’ancienne paroisse de Brou.
La construction de l’actuelle co-cathédrale débuta en 1505 sous l’impulsion de Jean de Loriol, évêque de Nice et abbé commendataire d’Ambronay, qui obtint l’union du prieuré de Brou et de la paroisse Saint-Pierre à la mense de Notre-Dame. Marguerite d’Autriche, veuve de Philibert de Savoie, joua un rôle clé en transférant définitivement la paroisse Saint-Pierre à Notre-Dame, malgré les tensions politiques entre la Savoie et la France. Le pape Jules II érigea Bourg en diocèse en 1515, mais celui-ci fut supprimé en 1534 après la mort de Marguerite, bien que l’église conservât son chapitre de chanoines.
L’édifice devint collégiale après la Révolution, perdant son clocher détruit sur ordre d’Albitte en 1794, puis restauré entre 1911 et 1914 par Tony Ferret dans un style différent. Classée monument historique en 1914, elle fut érigée en co-cathédrale du diocèse de Belley-Ars en 1992. Son architecture mêle gothique flamboyant et Renaissance, avec un chevet pentagonal aux baies ornées de vitraux, dont certains datent du XVIe siècle. Les vitraux du chœur, restaurés au XIXe siècle par Eugène Oudinot et Edmond Lechevallier-Chevignard, illustrent des scènes mariales et bibliques.
Les stalles du chœur, sculptées vers 1530 par Pierre Mochet, allient motifs gothiques et Renaissance, tandis que l’orgue, reconstruit après un orage en 1927, compte aujourd’hui 42 jeux. Le clocher, haut de 70 mètres, abrite 23 cloches, dont un bourdon de près de 4 tonnes, et un carillon mécanique unique en Rhône-Alpes. Des travaux de rénovation (toiture, vitraux, horloge) sont en cours depuis 2024.
L’histoire de la co-cathédrale est aussi marquée par des conflits, comme la menace de destruction en 1536 lors de l’invasion française, ou la dispersion de ses vitraux originaux après 1870, partiellement retrouvés aux archives départementales. Son statut actuel reflète son importance patrimoniale et spirituelle, entre héritage médiéval et adaptations modernes.