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Collège de Beauvais à Paris

Patrimoine classé Collège

Collège de Beauvais à Paris

    9bis Rue Jean-de-Beauvais
    75005 Paris

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
8 mai 1370
Fondation du collège
1375
Construction de la chapelle
1568
Changement de direction
1762
Destruction des bâtiments
1763
Fermeture définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean de Dormans - Fondateur et évêque Chancelier de France, initiateur du collège.
Raymond du Temple - Architecte Constructeur de la chapelle et du Louvre.
Nicolas Charton - Principal protestant Dirigeant assassiné en 1572.
Martin Everard - Principal catholique Remplaçant de Charton en 1568.
Pierre de La Ramée (Ramus) - Principal du collège de Presles Allié à Omer Talon pour l'ouverture d'une porte.
Baudoin de Soissons - Artisan verrier Auteur présumé des vitraux conservés.
Jean de Bruges - Cartonnier de vitraux Collaborateur sur les vitraux démontés.
Victor Baltard - Architecte Responsable du changement de programme des vitraux.

Origine et histoire

Le collège de Beauvais, aussi appelé collège de Dormans-Beauvais, fut fondé le 8 mai 1370 par Jean de Dormans, évêque de Beauvais et chancelier de France. Il était situé dans l'actuelle rue Jean-de-Beauvais (anciennement rue du Clos-Bruneau) à Paris. La chapelle Saint-Jean-l'Évangéliste, construite en 1375 par l'architecte Raymond du Temple (également maître d'œuvre du Louvre et de Vincennes), est l'unique vestige subsistant. Les vitraux, attribués à Baudoin de Soissons et Jean de Bruges, furent démontés puis conservés au musée Carnavalet après des péripéties liées à leur restauration et réinstallation avortée à Saint-Séverin.

Au XVIe siècle, le collège s'associa étroitement avec le collège de Presles, avec lequel il partageait une porte commune. Dirigé par des figures comme Nicolas Charton (protestant assassiné lors de la Saint-Barthélemy) ou Martin Everard (catholique), il devint un lieu d'échanges intellectuels. En 1515, la direction loua l'Hôtel Sainte-Catherine pour en voûter la cave, illustrant son rôle économique et immobilier dans le quartier.

À partir de la fin du XVIIe siècle, le collège devint un bastion du jansénisme, fréquenté par les enfants de parlementaires. Il ferma définitivement en 1763, vendu au collège de Lisieux après la destruction de ses bâtiments pour aménager la place devant l'église Sainte-Geneviève (futur Panthéon). Ses élèves célèbres incluent Boileau, Racine, Perrault, et Cyrano de Bergerac, tandis que des enseignants comme Godefroy Hermant ou Jean-Baptiste-Louis Crevier y marquèrent leur époque.

Les vitraux, démontés après la Restauration, furent attribués à tort aux baies de Saint-Séverin avant d'être restaurés par Prosper Lafaye. Leur histoire reflète les aléas de la conservation du patrimoine. La chapelle, aujourd'hui église des Saints-Archanges, reste le seul témoignage architectural de ce collège disparus, dont les bâtiments furent détruits en 1762.

L'établissement joua un rôle clé dans l'éducation des élites parisiennes, mêlant enseignement, controverses religieuses et vie intellectuelle. Son héritage perdure à travers ses anciens élèves et enseignants, ainsi que par son intégration dans le paysage universitaire médiéval de Paris.

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