Origine et histoire
Le Collège de l'Arc trouve ses origines en 1582, lorsque les Jésuites reprennent un établissement d’enseignement préexistant, le Collège de Grammaire, fondé au XVIe siècle sur un terrain cédé par les cisterciens. La ville de Dole, ruinée en 1479 par les troupes de Louis XI, reconstruit ce quartier qui devient un pôle intellectuel franc-comtois. Les Jésuites y introduisent leur pédagogie du Ratio Studiorum, attirant jusqu’à 500 élèves en 1585. Le conflit avec l’Université de Dole sur l’enseignement de la théologie dure jusqu’à son transfert à Besançon en 1691.
L’arc emblématique donnant son nom au collège est érigé en 1607, tandis que la chapelle, commencée en 1591, est consacrée en 1600. Les bâtiments, conçus selon les plans de l’architecte jésuite Étienne Martellange (1610), s’organisent autour de deux cours : une pour les ecclésiastiques, l’autre pour les élèves. Les travaux se poursuivent jusqu’en 1765, année du bannissement des Jésuites par Louis XV. Le collège devient alors Royal, dirigé par des laïcs, avant de subir les bouleversements révolutionnaires.
Au XIXe siècle, le collège alterne entre école centrale, petit séminaire (1823), et collège royal communal (1829), tout en conservant sa réputation. La chapelle, désaffectée, accueille le musée archéologique. Au XXe siècle, la réforme de la carte scolaire (1963) et la croissance démographique transforment l’établissement, qui ferme temporairement pour rénovation (2005–2007). Aujourd’hui, le site, classé Monument Historique, allie patrimoine architectural et vocation culturelle.
Les éléments protégés incluent la chapelle (classée en 1964), les portails jésuites (1965), et l’ensemble des bâtiments (inscrits en 1996). L’association des anciens élèves, fondée en 1875, perpétue la mémoire du lieu, notamment via une cérémonie annuelle en hommage aux anciens morts pour la France. Les fresques du réfectoire (début XXe) et les boiseries de la sacristie témoignent de son riche passé.
La construction s’échelonne sur trois siècles : le portail et le clocheton (1583–1588), financés par Pierre Froissard de Broissia, côtoient des bâtiments des XVIIe (réfectoire de 1690) et XVIIIe siècles. Antoine Dufour supervise une partie des travaux. L’arc de 1607, orné du IHS jésuite, et la cour d’honneur délimitée par la chapelle (1591–1600) illustrent cette stratification historique.
Le collège incarne les tensions entre pouvoir royal, autorités locales et Église. Son déclin comme lycée (transfert des classes au lycée Charles-Nodier dans les années 1960) et sa renaissance en musée soulignent son adaptation permanente. Les rénovations récentes ont préservé son caractère, tout en l’ouvrant au public comme espace patrimonial et mémoriel.