Frise chronologique
1618
Traitée avec les Oratoriens
Traitée avec les Oratoriens
1618 (≈ 1618)
La ville confie le collège à la Congrégation.
1662
Construction de la porte cochère
Construction de la porte cochère
1662 (≈ 1662)
Symbole architectural encore visible aujourd’hui.
1792
Fermeture par la Révolution
Fermeture par la Révolution
1792 (≈ 1792)
Saisie des biens de l’Oratoire.
1856
Reprise par les Pères Maristes
Reprise par les Pères Maristes
1856 (≈ 1856)
Nouvelle vocation religieuse post-Révolution.
1886
Devenu collège public Michel-de-l'Hospital
Devenu collège public Michel-de-l'Hospital
1886 (≈ 1886)
Fin de la gestion religieuse.
1929
Classement de la porte cochère
Classement de la porte cochère
1929 (≈ 1929)
Seul élément protégé des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte d'entrée : inscription par arrêté du 6 avril 1929
Personnages clés
| Jean Bence - Supérieur oratorien |
Signataire du traité de 1618. |
| Pierre de Chavanon - Fondateur de l’abbaye Saint-Amable (XIe s.) |
À l’origine des premières écoles riomoises. |
| Marivaux - Écrivain et dramaturge (1688–1763) |
Ancien élève célèbre du collège. |
| Gilbert Romme - Mathématicien et révolutionnaire (1750–1795) |
Élève puis figure de la Révolution. |
| Gabriel Dumontel - Ancien élève et directeur (1800) |
Relance l’école après la Révolution. |
| Jean-Antoine Chaptal - Ministre de l’Intérieur sous Bonaparte |
Soutient la réouverture des collèges en 1801. |
Origine et histoire
Le collège de l'Oratoire de Riom trouve ses racines dans une longue tradition éducative locale remontant au Moyen Âge. Dès le Ve siècle, l'église Saint-Amable de Riom, liée aux chanoines réguliers de Saint-Augustin, jouait un rôle central dans l'instruction, avec des écoles primaires et secondaires attachées à l'abbaye. Ces institutions, initialement réservées aux futurs clercs, s'ouvrirent progressivement aux laïcs, malgré les tensions entre enseignement religieux et séculier. Les troubles de la guerre de Cent Ans et les conflits locaux au XIIIe siècle perturbèrent cependant leur développement.
Au début du XVIIe siècle, la municipalité de Riom, confrontée à des difficultés pour gérer son collège communal, fit appel à la Congrégation de l'Oratoire en 1617. Un traité fut signé en 1618, confiant aux Oratoriens la direction de l'établissement en échange d'un enseignement gratuit pour 300 élèves. Les Pères de l'Oratoire, dirigés par Jean Bence, entreprirent des travaux d'agrandissement dès 1628, marquant le bâtiment d'une porte datée de 1662, symbole de leur présence. Le collège connut un essor rapide, avec l'ouverture de classes supérieures (rhétorique, philosophie, théologie) entre 1622 et 1660, attirant jusqu'à 800 élèves.
L'architecture du collège reflétait son importance : deux corps de bâtiments encadrant une cour, avec une chapelle et une bibliothèque intégrées. Les Oratoriens, malgré des tensions avec les Jésuites et des accusations de jansénisme en 1744, maintinrent leur influence jusqu'à la Révolution. En 1792, la Congrégation fut dissoute, et le collège devint municipal avant d'être confié aux Pères Maristes en 1856. La porte cochère de 1662, classée monument historique en 1929, reste le seul vestige protégé de cette époque.
Après la Révolution, le bâtiment changea plusieurs fois de vocation : école polymatique sous Gabriel Dumontel (1800), collège municipal renommé Michel-de-l'Hospital en 1886, puis lycée au XXe siècle. Les transformations architecturales (chapelle détruite en 1861, agrandissements en 1876) effacèrent partiellement son héritage oratorien. Aujourd’hui, le site, toujours dédié à l’éducation, témoigne de quatre siècles d’histoire pédagogique en Auvergne, mêlant patrimoine religieux et laïc.
Parmi les élèves illustres du collège figurent des personnalités comme Marivaux (1688–1763), l’écrivain et dramaturge, ou Gilbert Romme (1750–1795), révolutionnaire et mathématicien. Ces noms soulignent le rôle du collège comme creuset intellectuel, bien au-delà de Riom. La bibliothèque, dispersée après 1792, contenait des ouvrages rares, reflétant l’excellence académique des Oratoriens. Le collège incarne ainsi la transition entre l’enseignement religieux d’Ancien Régime et l’école publique moderne.