Origine et histoire du Collège des Écossais
Le collège des Écossais à Montpellier a été fondé en 1924 par le botaniste et urbaniste Patrick Geddes, avec l’aide de l’architecte Edmond Leenhardt. Ce lieu d’étude, conçu comme un centre international, visait à rassembler étudiants et chercheurs de diverses disciplines et nationalités, en lien avec l’université de Montpellier. Geddes, pionnier de l’écologie urbaine, y reproduisit l’Outlook Tower d’Édimbourg, une tour panoramique symbolisant son approche interdisciplinaire, entourée de jardins pédagogiques mêlant botanique, histoire et écologie.
Le site, inscrit aux Monuments historiques en 2013, comprend des terrasses, des jardins thématiques (dont un champ Fabre pour l’étude des insectes), et un monument à Jeanne d’Arc. Geddes y intégra des parterres inspirés des philosophes grecs et des espaces naturels préservés, reflétant sa vision environnementaliste. Durant l’Occupation (1940), le collège servit de casernement pour le GMR Maguelone et centralisa des actions de jeunesse régionales sous l’égide du commissaire Jean Gaudin de Saint-Rémy.
Le projet s’inscrivait dans la continuité des anciens collèges écossais de Paris (fondé en 1333) et de Douai (1573), mais avec une approche moderne et laïque. Geddes, après des échecs à Paris, choisit Montpellier pour son dynamisme universitaire et ses liens avec des institutions scientifiques comme la station météorologique de l’Aigoual ou le Musée de Préhistoire des Eyzies. Aujourd’hui, le site abrite la délégation académique à la formation du personnel de l’Éducation nationale.
L’architecture du pavillon des Écossais, entouré de jardins sauvages et de potagers, illustre l’idéal de Geddes : allier éducation, nature et urbanisme. La tour, surmontée d’une terrasse offrant une vue de la Méditerranée au Pic Saint-Loup, incarne sa philosophie de « musée géographique ». Le collège fut aussi un laboratoire social, avec des chantiers de jeunesse et des échanges interdisciplinaires, marquant l’histoire éducative montpelliéraine.
Les éléments protégés depuis 2013 incluent l’intégralité de la parcelle (jardins, terrasses, façades, toitures), la tour Outlook, et le monument à Jeanne d’Arc. Le site, propriété de l’État, témoigne de l’héritage de Geddes, militant pour des villes plus vertes et des espaces partagés, comme il l’avait expérimenté à Édimbourg avec des jardins collectifs sur des terrains vagues.