Origine et histoire du Collège des Oratoriens
Le collège de l'Oratoire, aussi appelé Séminaire des Oratoriens, fut fondé au Mans en 1599 dans le faubourg Saint-Ouest-des-Fossés, sur un terrain libéré après un incendie. Sa création résulte d’un accord entre l’évêque Claude d’Angennes, le pape Clément, et Henri IV en 1601. Le premier principal, Maître Michel Aubourg, docteur en théologie et curé de Marolles-les-Braults, dirige l’établissement dès 1601, secondé par des régents enseignant théologie et sciences. Le collège dépend alors de l’évêque du Mans et est financé par des impositions sur le clergé et des dons municipaux.
En 1624, malgré les revendications des Jésuites, l’évêque Charles de Beaumanoir confie la direction aux Oratoriens après une assemblée du clergé. Le collège, gratuit, enseigne les humanités, les langues anciennes, la philosophie, et l’histoire, avec une attention particulière aux figures locales du Maine. Les Oratoriens s’y installent définitivement en 1625. Sous la direction de Jean-Baptiste Gault (1625-1640), futur évêque de Marseille, l’établissement connaît un essor notable, attirant des élèves de milieux sociaux variés et renforçant le prestige de la congrégation.
La chapelle du collège, seule partie classée monument historique en 1982, est aujourd’hui intégrée au lycée Montesquieu. Le bâtiment, situé à l’est du Vieux-Mans, illustre l’héritage éducatif et religieux de la ville, marqué par des conflits entre ordres religieux et une volonté d’ouverture sociale. Son enseignement, axé sur la langue française et l’histoire locale, reflétait les ambitions culturelles de l’époque.
Avant sa fondation, le site abritait un premier Oratoire dédié à saint Ouen, près de la cathédrale Saint-Julien, destiné aux pèlerins. La destruction partielle du faubourg Saint-Ouen par un incendie, suivi de la prise du Mans par Henri IV, offrit l’opportunité de construire ce nouveau collège. Son supérieur cumulait aussi la charge de curé de la paroisse Saint-Ouen, liée à des terres et une petite église avec cimetière.