Origine et histoire du Collège Pélegri
Le collège Pélegri de Cahors, aujourd’hui connu sous le nom de collège Gambetta, trouve ses origines dans l’installation des Jésuites à Cahors au début du XVIIe siècle. Fondé en 1604 par lettres patentes d’Henri IV, il succède au collège Saint-Michel du XIVe siècle et au collège du Quercy. Les Jésuites reconstruisent entièrement les bâtiments après 1627, incluant une chapelle et une tour-clocher de 34 mètres, construite en 1676 par l’architecte Antoine Chassagnard. La chapelle, édifiée sur l’emplacement d’une ancienne chapelle Saint-Michel des Pauvres, présente une nef voûtée d’ogives et un chœur à cinq pans, orné de peintures murales représentant des vertus chrétiennes.
En 1762, le Parlement de Toulouse interdit aux Jésuites d’enseigner, et le collège devient Collège Royal en 1765 avant de décliner pendant la Révolution. En 1796, il est transformé en École Centrale du Lot, puis en lycée en 1803 grâce à l’intervention financière de Joachim Murat (60 000 francs). Le lycée, successivement Impérial et Royal selon les régimes, est rebaptisé lycée Gambetta en 1888 en hommage à Léon Gambetta, natif de Cahors. La tour-clocher, classée monument historique en 1891, et la chapelle (inscrite en 2016) témoignent de ce passé jésuite et éducatif.
Les bâtiments subissent des transformations majeures au XIXe siècle : les anciens couvents voisins, comme celui des Cordeliers, sont démolis à partir de 1895 pour laisser place à de nouveaux édifices scolaires, conçus par l’architecte départemental Jean Gabriel Achille Rodolosse. En 1974, le lycée Gambetta devient un collège mixte, marquant la fin de son histoire en tant qu’établissement secondaire supérieur. La tour, caractéristique des clochers régionaux en brique, et les décors intérieurs de la chapelle (angelots, couronnes de fleurs) rappellent l’héritage artistique et religieux des Jésuites.
Le site conserve également une salle de déclamation, inscrite avec la chapelle en 2016, illustrant l’importance accordée à la rhétorique dans l’enseignement jésuite. Les peintures murales du bas-côté nord, représentant le Christ en majesté entouré des vertus cardinales, ainsi que les arcs en plein cintre ornés de bossages, reflètent l’influence baroque de l’époque. Aujourd’hui propriété de la commune, le collège Gambetta reste un lieu emblématique de l’histoire éducative et architecturale de Cahors.