Frise chronologique
1460
Fondation du collège
Fondation du collège
1460 (≈ 1460)
Création par Geoffroy Lenormand sur la montagne Sainte-Geneviève.
1793
Fermeture révolutionnaire
Fermeture révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Réquisition des locaux par le Prytanée français.
1798
Renaissance du collège
Renaissance du collège
1798 (≈ 1798)
Rachat par Victor de Lanneau sous le nom « Collège des Sciences et des Arts ».
1840-1841
Reconstruction par Labrouste
Reconstruction par Labrouste
1840-1841 (≈ 1841)
Transformation architecturale majeure des bâtiments.
1882
Inauguration école préparatoire
Inauguration école préparatoire
1882 (≈ 1882)
Bâtiments conçus par Ernest Lheureux rue Valette.
1999
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1999 (≈ 1999)
Fin des activités éducatives après 539 ans.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble des façades et des toitures (y compris celles du bâtiment des années 1930) ; escaliers situés aux extrémités des bâtiments Lheureux, côté bâtiment des années 1930, ainsi que celui situé sous le préau du bâtiment des années 1930 ; sol de la cour principale ; réfectoire et amphithéâtre avec leur système fonctionnel et leur décor ; salle de dessin avec son décor (cad. BM 6) : inscription par arrêté du 9 décembre 1999
Personnages clés
| Geoffroy Lenormand - Fondateur présumé |
Professeur du collège de Navarre, achète les bâtiments en 1460. |
| Victor de Lanneau - Rénovateur post-révolutionnaire |
Rachète et relance le collège en 1798. |
| Alexandre Labrouste - Architecte de la reconstruction |
Dirige les travaux de 1840 à 1853. |
| Louis-Ernest Lheureux - Architecte de l'école préparatoire |
Conçoit les bâtiments inaugurés en 1882. |
| Ignace de Loyola - Ancien élève célèbre |
Fondateur de la Compagnie de Jésus. |
| Gustave Eiffel - Ancien élève célèbre |
Ingénieur et architecte de la Tour Eiffel. |
Origine et histoire
Le collège Sainte-Barbe, établi en 1460 sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris, est le seul collège médiéval à avoir conservé son nom et son emplacement d’origine. Fondé par Geoffroy Lenormand, professeur réputé, il se distingue par son ouverture à des élèves de toutes les provinces, sans dotation initiale. Son succès rapide attire les familles de parlementaires et même une colonie de cinquante élèves portugais, conférée par le roi du Portugal. Le collège jouit alors d’un renom exceptionnel, malgré des querelles sur l’identité de son fondateur, opposant Lenormand à Jean Hubert, premier acquéreur des locaux.
Au XVIe siècle, le collège traverse des périodes de troubles, notamment pendant les guerres de Religion, où il accueille à la fois catholiques et protestants, ce qui vaut à ses dirigeants des accusations de complaisance envers les hérétiques. Malgré les fermetures massives des collèges parisiens en 1589, Sainte-Barbe résiste jusqu’à la fin de cette année. Au début du XVIIe siècle, il reprend ses activités en tant que « petit collège », où les élèves suivent les cours des établissements universitaires voisins. Les bâtiments, tombant en ruine, font l’objet d’un appel désespéré à l’aide financière dans un article de Marmontel en 1790, sans succès.
La Révolution française force la fermeture du collège en 1793, ses locaux étant réquisitionnés pour le Prytanée français. Il renaît en 1798 grâce à Victor de Lanneau, ancien prêtre et franc-maçon, qui rachète les bâtiments et rétablit l’institution sous le nom de « Collège des Sciences et des Arts ». Lanneau perpétue l’esprit familial et méritocratique du collège, malgré des difficultés financières récurrentes. En 1831, une société en commandite, dirigée par Claude Bellaigue et Adolphe de Lanneau, sauve le collège de la faillite, permettant sa reconstruction sous la direction d’Alexandre Labrouste à partir de 1840.
Les travaux de reconstruction, menés par les frères Labrouste, transforment radicalement le collège, avec la suppression de rues adjacentes pour agrandir l’espace. En 1882, Ernest Lheureux conçoit les bâtiments de l’école préparatoire, marquant l’apogée architecturale de l’institution. Malgré des difficultés financières persistantes, le collège survit jusqu’en 1999, date de sa fermeture définitive. Ses locaux, réhabilités, abritent depuis 2009 la bibliothèque universitaire Sainte-Barbe, perpétuant son héritage éducatif.
Le collège Sainte-Barbe a formé des personnalités marquantes, comme Ignace de Loyola, Gustave Eiffel, ou Jean Jaurès, et son association d’anciens élèves, fondée en 1820, est la plus ancienne de France. Les bâtiments actuels, protégés comme monuments historiques, conservent des éléments remarquables comme les mosaïques de Facchina, le réfectoire, et l’amphithéâtre de physique, témoignages de son prestige passé.