Origine et histoire du Collège Victor-Hugo
Le collège Victor-Hugo de Besançon trouve ses origines dans un couvent de jésuites fondé en 1597, après qu’un siècle d’existence difficile ait poussé les notables locaux à confier leur collège à la Compagnie de Jésus. Les jésuites en assurent la direction jusqu’à leur suppression en 1765. L’église attenante, construite vers 1680, et les bâtiments principaux (1718–1737) forment le cœur du monument, complétés par une cour d’honneur, une cour de classe, et une fontaine ajoutée en 1735. L’ensemble, reconstruit à la fin du XVIIe siècle, devient un symbole éducatif et religieux dans la ville.
Sous la Rvolution française (1789–1799), le collège est transformé en lieu de réunion publique, abritant la Société des amis de la constitution, affiliée aux Jacobins, qui investit la chapelle. Au XIXe siècle, il change de nom au gré des régimes politiques : collège royal sous la Restauration, puis lycée impérial sous le Second Empire (1852–1870). Des figures marquantes y étudient ou enseignent, comme Louis Pasteur (élève en 1842) et Stéphane Mallarmé (professeur de 1866 à 1867). L’établissement s’agrandit en 1865 avec l’acquisition de l’hôtel de Grosbois et de la maison des Capucins.
Pendant la guerre de 1870, le lycée sert d’hôpital et commémore ses morts par un monument dans le hall. En 1885, il est rebaptisé lycée Victor-Hugo, inauguré par le président Jules Grévy. Au XXe siècle, il subit les occupations successives de la Seconde Guerre mondiale (hôpital militaire en 1939, troupes allemandes en 1940, libération par les Alliés). En 1986, après avoir perdu son second cycle, il devient définitivement le collège Victor-Hugo, conservant son rôle éducatif et patrimonial.
L’architecture du collège se distingue par ses trois cours (dont une de 500 m2), sa ferronnerie d’époque (grilles siglées AM pour Ave Maria), et sa chapelle, considérée comme l’une des plus belles de Besançon. L’église Saint-François-Xavier, ancienne chapelle des jésuites, est classée monument historique depuis 1942, suivie par la fontaine et l’ensemble des bâtiments en 1996. Le site abrite aussi des plaques commémoratives pour les élèves morts aux guerres.
Aujourd’hui, le collège accueille 1 000 élèves et une centaine de membres du personnel, tout en ouvrant ses portes à l’Université ouverte. Son histoire reflète les bouleversements politiques, éducatifs et architecturaux de la France, depuis l’Ancien Régime jusqu’à l’époque contemporaine.