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Collégiale de Quézac en Lozère

Patrimoine classé Patrimoine religieux Collégiale Eglise fortifiée

Collégiale de Quézac

  • Place de l'Église
  • 48320 Quézac
48320 Quézac, Place de l'Église

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1052
Construction du premier oratoire
1365
Érection en collégiale par Urbain V
1580
Destruction par Matthieu Merle
1841
Incendie des bâtiments
1930
Classement du porche
2017
Inscription de l’église
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Urbain V - Pape (1362–1370) Originaire de Lozère, fortifia la collégiale
Matthieu Merle - Capitaine huguenot Pilla et brûla l’église en 1580

Origine et histoire de la Collégiale de Quézac

La collégiale de Quézac, aujourd’hui connue sous le nom d’église Notre-Dame, trouve ses origines dans une légende du XIe siècle. Selon cette tradition, un laboureur aurait découvert une statue de la Vierge noire en traçant un sillon dans son champ. Malgré ses tentatives pour la déplacer vers l’église de Javillet, la statue réapparaissait systématiquement à son emplacement initial. Cette révélation miraculeuse aurait conduit à la construction d’un premier oratoire sur place vers 1052, attirant rapidement des pèlerins et favorisant l’installation d’un prieuré-cure. L’édifice devint un lieu de dévotion mariale, bien que le siège paroissial restât initialement à Javillet, à 2 km de là.

Au XIVe siècle, sous l’impulsion du pape Urbain V — originaire de la région —, le prieuré fut érigé en collégiale et fortifié entre 1365 et 1367. Ce projet s’inscrivait dans une volonté d’améliorer l’accueil des pèlerins, incluant la construction simultanée d’un pont sur le Tarn. La collégiale abritait alors huit clercs (six chanoines, un doyen et un sacristain), et bénéficia d’indulgences papales pour financer ces travaux. Le porche sud, daté de la fin du XIVe siècle grâce à ses caractéristiques architecturales (voûte à nervures toriques, piles prismatiques), porte encore les traces des armoiries d’Urbain V, aujourd’hui mutilées.

Les guerres de Religion marquèrent un tournant violent pour la collégiale. En 1580, le capitaine huguenot Matthieu Merle et ses troupes pillèrent et incendièrent l’édifice à trois reprises, causant des destructions majeures. Reconstruite partiellement, elle subit de nouveaux dommages pendant la Révolution française : suppression de la collégiale et de l’hôpital attitré, pillages, et dégradations. Au début du XIXe siècle, des sœurs ursulines occupèrent les lieux avant qu’un incendie ne ravage les bâtiments en 1841. Le porche fut classé monument historique en 1930, suivi de l’inscription du reste de l’église en 2017.

Au XXe siècle, la collégiale connut des restaurations notables, comme la décoration intérieure par des fresques et tableaux en 1925. L’ancien hôpital, intégré à l’ensemble, fut transformé en résidences privées. Aujourd’hui, le site témoigne de près de mille ans d’histoire, mêlant légende médiévale, architecture défensive, et dévotion mariale, dans un cadre marqué par les Gorges du Tarn.

Liens externes

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