Frise chronologique
1440
Fondation de la chapelle castrale
Fondation de la chapelle castrale
1440 (≈ 1440)
Chapelle dédiée à Marie-Madeleine par Guillaume de Tranchelion.
1449
Conseil royal aux Roches-Tranchelion
Conseil royal aux Roches-Tranchelion
1449 (≈ 1449)
Charles VII y décide la reprise de la guerre.
1510-1524
Construction de la collégiale
Construction de la collégiale
1510-1524 (≈ 1517)
Chantier lancé par Lancelot de la Tousche.
1527
Consécration de la collégiale
Consécration de la collégiale
1527 (≈ 1527)
Dédiée à saint Jean-Baptiste par l’archevêque de Tours.
1619
Enfouissement d’un trésor
Enfouissement d’un trésor
1619 (≈ 1619)
214 pièces d’or découvertes en 1966.
1914
Classement monument historique
Classement monument historique
1914 (≈ 1914)
Protection des ruines du château et de la collégiale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines du château et et de la collégiale (cad. ZK 204, 205) : classement par arrêté du 9 mai 1914
Personnages clés
| Guillaume de Tranchelion - Seigneur de Palluau et chambellan royal |
Fonda la chapelle castrale en 1440. |
| Charles VII - Roi de France (1422-1461) |
Tint son Conseil aux Roches-Tranchelion en 1449. |
| Lancelot de la Tousche - Seigneur des Roches-Tranchelion |
Fit construire la collégiale (1510-1524). |
| Gabriel de Montgommery - Comte de Lorges et capitaine écossais |
Propriétaire du domaine après 1550. |
| Martin de Beaune - Archevêque de Tours |
Consacra la collégiale en 1527. |
Origine et histoire
La collégiale des Roches-Tranchelion, située à Avon-les-Roches (Indre-et-Loire), fait partie d’un ensemble historique incluant les ruines d’un château du XVe siècle. Le site, classé monument historique en 1914, est marqué par une histoire seigneuriale complexe, liée aux familles Tranchelion et de la Tousche. La collégiale, construite entre 1510 et 1527 par Lancelot de la Tousche, remplace une chapelle castrale dédiée à Marie-Madeleine, fondée en 1440 par Guillaume de Tranchelion, chambellan des rois Charles VI et Charles VII.
Le domaine des Roches, initialement nommé « les Roches », passe aux Tranchelion au XVe siècle après le mariage de Guillaume de Tranchelion avec Guillemette Horric, héritière du fief. Guillaume, proche de Charles VII, renforce le château et y accueille le roi à plusieurs reprises, notamment en 1449, où le Conseil royal y décide la reprise des hostilités contre les Anglais, marquant un tournant dans la guerre de Cent Ans. Le site devient un lieu de chasse privilégié pour Charles VII et sa favorite, Agnès Sorel.
Au XVIe siècle, Hardouin de la Tousche, puis son fils Lancelot, transforment le domaine. Ce dernier érige la collégiale entre 1510 et 1524, sur un plan en croix latine, mêlant styles flamboyant et Renaissance. Consacrée en 1527 à saint Jean-Baptiste, elle abrite une crypte funéraire familiale et sert aussi d’église paroissiale. La collégiale, endommagée pendant les guerres de Religion, est progressivement abandonnée après 1600, avant d’être définitivement désertée à la Révolution.
Le château, aujourd’hui en ruines, ne conserve que des vestiges épars, tandis que la collégiale, bien que dégradée, offre encore des éléments architecturaux remarquables, comme sa façade occidentale ornée de médaillons et de sculptures représentant Dieu le Père. En 1966, un trésor de 214 pièces d’or, enfoui après 1619, est découvert près du site. Depuis 2013, l’association Les amis des Roches Tranchelion œuvre pour sa valorisation, bien que la conservation des ruines, notamment la voûte du transept nord, suscite des inquiétudes.
Le site est lié à des figures historiques majeures, comme Gabriel de Montgommery, auteur involontaire de la mort d’Henri II en 1559, qui possède brièvement le domaine avant de le vendre. Les Roches-Tranchelion passent ensuite entre les mains de familles nobles, dont les Durfort et les Beauvau, jusqu’au XVIIIe siècle. Classées monument historique, les ruines témoignent aujourd’hui d’un patrimoine à la fois religieux, seigneurial et royal, emblématique de la Touraine.