Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame-d'Espérance
La collégiale Notre-Dame-d'Espérance de Montbrison, située sur la rive droite du Vizézy, fut fondée en 1223 par le comte Guigues IV de Forez comme symbole politique et lieu d’inhumation pour sa dynastie. Construite sur 240 ans (1223–1466), son architecture gothique sobre reflète une unité stylistique malgré les changements de dynasties (comtes de Forez, puis ducs de Bourbon). Le chantier débuta par le chœur, suivi de la nef et des chapelles latérales ajoutées entre 1480 et 1516.
Le comte Guigues IV posa la première pierre en 1226, dotant l’église de la seigneurie de Moingt et de revenus pour assurer sa construction. Son fils, Guy V, encore enfant, scella symboliquement la pierre d’honneur dans l’abside. Les travaux, interrompus par des conflits comme la guerre de Cent Ans, reprirent grâce à Louis II de Bourbon et Anne Dauphine au XIVe siècle. Le portail occidental, financé par Charles Ier de Bourbon et Agnès de Bourgogne, fut achevé en 1459, et la façade en 1466.
Saccagée pendant la Révolution (1793) et transformée en temple de la Raison, la collégiale fut restaurée au XIXe siècle sous la direction de Pierre Bossan. Ses vitraux, dont ceux de Charles-Laurent Maréchal (1846) et Lucien Bégule (1904), ainsi que ses voûtes à liernes, témoignent de son riche patrimoine. Classée Monument Historique en 1840, elle reste un emblème du Forez, mêlant histoire comtale, architecture gothique et dévotion mariale.
L’édifice, construit en calcaire puis en granite, combine une nef à cinq travées, un chœur polygonal et des chapelles latérales. Son élévation à deux niveaux, inspirée de la cathédrale de Lyon, inclut des contreforts reliés par des arcs et des arcs-boutants ajoutés au XVe siècle. La porte sud, percée en 1844, et le porche nord (XIVe siècle) complètent son plan allongé sans transept. La collégiale abrite aussi des peintures murales, comme celle de sainte Catherine d’Alexandrie dans la chapelle Saint-André.
Le vocable Notre-Dame-d’Espérance apparut au XIVe siècle, lié à une statue de la Vierge portant cette devise, symbole de l’alliance entre les Bourbon et les Dauphins. Florimond Robertet, ministre des rois Charles VIII à François Ier, finança deux chapelles nord. Pendant les guerres de Religion (1562), le mobilier fut pillé par les Protestants, puis renouvelé par les chanoines. Après la Révolution, l’église redevint paroissiale en 1803 et bénéficia de restaurations majeures aux XIXe et XXe siècles.