Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame
La collégiale Notre-Dame de Barjols, aussi appelée collégiale Sainte-Marie ou Saint-Marcel, est un édifice religieux construit au XIVe siècle sur les fondations d’une église romane du XIe siècle, initialement confiée aux moines de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Devenue collégiale en 1062 sous l’impulsion de Raimbaud de Reillanne, archevêque d’Arles, elle conserve aujourd’hui un tympan roman du Christ en majesté entouré des symboles des évangélistes, ainsi que des vestiges de son cloître du début XIIIe siècle. La nef gothique, ajoutée au XVIe siècle, et les chapelles latérales, érigées au XVIIe siècle, illustrent son évolution architecturale, tandis qu’un orgue de 1656 témoigne de son riche patrimoine mobilier.
La Révolution française a laissé une trace visible sur la porte d’entrée, surmontée d’une inscription peinte proclamant les valeurs républicaines : « République française - Liberté, Égalité, Fraternité ». Classée partiellement aux monuments historiques en 1979, la collégiale abrite un clocher carré doté d’un campanile avec quatre cloches historiques, dont la plus ancienne, fondée en 1529 par Antoine Richieud, porte une inscription dédiée à saint Marcel, patron de Barjols. Cette cloche, ornée de médaillons et de frises gothiques, est un rare exemple d’art campanaire du XVIe siècle encore en place.
L’intérieur de la collégiale révèle un mobilier remarquable, classé au titre des objets monuments historiques. Parmi les pièces majeures figurent des fonts baptismaux de 1595, des stalles du XVIe siècle avec miséricordes, et une clôture de chœur en fer forgé de 1818. Les peintures, comme Sainte Ursule et Sainte Catherine d’Alexandrie attribuées à Michel Serre (XVIIe siècle), côtoient des sculptures telles qu’un buste-reliquaire de saint Marcel (1805) et une Vierge à l’Enfant de la charnière XVIIIe-XIXe siècles. Les vitraux, dont certains datés de 1879 (signés Champigneulle), complètent cet ensemble artistique.
Le site conserve également des traces de son passé médiéval, comme le tympan roman et les reliques de saint Marcel, arrivées à Barjols vers le XIVe siècle. Ces éléments soulignent le rôle spirituel et communautaire de la collégiale, marquée par des siècles de dévotion et d’adaptations architecturales, des origines romanes à la période révolutionnaire.