Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame
La collégiale Notre-Dame de Beaune, située en Côte-d'Or, est l'une des dernières grandes églises romanes de Bourgogne. Sa construction débuta vers le milieu du XIIe siècle sur un modèle clunysien, s'achevant au début du XIIIe siècle avec une unité stylistique préservée. Les bâtiments canoniaux datent de la fin du XIIe siècle, tandis que le porche fut ajouté au milieu du XIIIe siècle. L'édifice combine nef à bas-côtés, transept et chœur avec déambulatoire, voûté en berceau brisé ou d'ogives selon les parties.
Après l'incendie de 1272, des modifications majeures furent apportées : les fenêtres romanes de l'abside furent remplacées par des baies gothiques à remplages, et des arcs-boutants renforcèrent la structure. Les chapelles, ajoutées entre les XIIIe et XVIe siècles, incluent la chapelle Saint-Léger (peintures murales) et la chapelle Bouton (1529-1533). La flèche gothique fut remplacée entre 1580 et 1588 par un toit à l'impériale conçu par Hugues Sambin, architecte renommé.
La Révolution française détruisit une partie de la statuaire et du mobilier liturgique, bien qu'un fragment de l'autel roman, redécouvert en 1843, soit aujourd'hui exposé. Entre 1860 et 1886, des restaurations dirigées par Maurice Ouradou et supervisées par Alphonse Forest modifièrent les extérieurs, incluant la suppression des arcs-boutants de la tour de croisée. Eugène Viollet-le-Duc avait établi un devis dès 1844. Classée Monument Historique dès 1840, l'église abrite aussi une tenture du XVIe siècle et des orgues du XVIIe, parmi les plus belles de Bourgogne.
L'ensemble canonial comprend un cloître à sept travées, l'ancienne sacristie, et la chapelle Saint-Michel, oratoire privé de Nicolas Rolin (cardinal et chancelier de Bourgogne). Cette chapelle, accessible par un couloir depuis les bâtiments canoniaux, présente une abside éclairée par une fenêtre plein-cintre et supportée par un cul-de-lampe. Les bâtiments canoniaux, partiellement conservés, servent aujourd'hui de presbytère.
Parmi les œuvres notables, L'Adoration du Sacré-Cœur de Jésus (1690), huile sur toile de Gabriel Revel, et la tenture de la Vie de la Vierge (1500), offerte par le chanoine Le Coq, illustrent le riche patrimoine artistique de la collégiale. Les grandes orgues, à quatre claviers et pédalier, furent modifiées à plusieurs reprises mais conservent leur buffet sculpté du XVIIe siècle.