Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame de la Crypte
La collégiale Notre-Dame de Cassel, située dans le département du Nord, est attestée depuis le Xe siècle. Incendiée et profanée à plusieurs reprises, elle fut reconstruite sur ses fondations d’origine. Pendant la Révolution, elle servit d’écurie, de prison, puis de Temple de la Raison, avant d’être restaurée sous l’impulsion de l’archevêque de Cambrai. Son architecture actuelle, de style gothique, inclut trois nefs de même hauteur et une tour carrée au-dessus du chœur.
La collégiale abrite une statue miraculeuse de Notre-Dame de la Crypte, vénérée depuis le XVIe siècle. Le maréchal Foch y pria quotidiennement pendant la Première Guerre mondiale, attribuant à son intercession la protection de Cassel contre les bombardements. Une bannière offerte par les habitants, visible au musée départemental de Flandre, commémore cet événement. La neuvaine annuelle (2-10 juillet) perpétue ce culte, tandis qu’un ancien culte à Saint Roch, lié à l’arrêt d’une épidémie de peste, était célébré jusqu’au XXe siècle.
L’église conserve un mobilier remarquable : un retable du XVIIIe siècle, des fresques du XIXe siècle par Alexis Bafcop (créateur des géants Reuze Papa et Maman), et un orgue transformé en 1821, orné de statues du Roi David et de sainte Cécile. Les frères Récollets, présents à Cassel jusqu’à la Révolution, ont marqué l’histoire religieuse locale, donnant son nom à la paroisse actuelle, Saint-François-des-Monts-de-Flandre, créée en 1993.
Avant la Révolution, Cassel comptait trois paroisses (Notre-Dame, Saint-Nicolas, Quaestraete) et trois autres églises (collégiale Saint-Pierre, Jésuites, chanoinesses augustines). Après 1789, Notre-Dame devint la seule paroisse, avant de s’étendre à six communes en 1993. Le curé actuel (2021) est le père Christophe Vasse.
Classée monument historique en 1981, la collégiale illustre l’histoire religieuse et architecturale de la Flandre française, mêlant destructions, reconstructions et dévotions populaires. Son mobilier et ses fresques, partiellement restaurés en 2009, témoignent de son riche passé artistique et spirituel.