Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame
La collégiale Notre-Dame de l’Assomption de Crécy-la-Chapelle trouve ses origines dans un petit oratoire fondé en 1123 à Vignely, dépendant du prieuré de Saint-Martin-du-Vieux-Crécy, lui-même rattaché à l’abbaye Saint-Martin-des-Champs depuis 1143. Cet oratoire fut érigé en église paroissiale et collégiale en 1202 par Anseau de Garlande, évêque de Meaux, avec six chanoines, puis huit après une donation de Dreux de Châtillon en 1220. La construction de la collégiale actuelle débuta au milieu du XIIIe siècle grâce à ces dons.
La guerre de Cent Ans et la prise de Crécy par les Anglais en 1421 endommagèrent gravement l’édifice, nécessitant la reconstruction des quatre premières travées de la nef au XVe siècle. L’église fut consacrée le 16 mai 1429. Les crues répétées du Morin, aggravées par le détournement du ru de Vaudessart au XVIe siècle pour le château voisin, causèrent des inondations récurrentes. Le dallage fut rehaussé à plusieurs reprises (1641, 1676, 1730), et des tirants de fer ajoutés en 1641 pour soutenir les voûtes.
Classée monument historique en 1846, la collégiale fit l’objet de multiples restaurations aux XIXe et XXe siècles. Entre 1826 et 1870, des architectes comme Pierre-Joseph Garrez, Eugène Millet et Maximilien Mimey interviennent pour réparer les contreforts, les arcs-boutants, les fenêtres hautes et le chœur. Au XXe siècle, des travaux majeurs furent entrepris pour contrer les infiltrations d’eau : rabaissement du sol en 1980, installation de pompes, puis une fermeture de 1994 à 2005 pour des travaux de fond (assèchement, drainage, restauration des pierres).
L’architecture de la collégiale se distingue par une nef de six travées et un chœur terminé par une abside heptagonale, flanquée d’absidioles biaises. Le chœur, couvert d’une voûte d’ogives à douze branches datant du XIIIe siècle, et les absidioles (voûtes à sept branches) illustrent l’art gothique rayonnant. Les bas-côtés, encadrant la nef, ajoutent à la symétrie de l’édifice, malgré les modifications ultérieures comme les arcs-boutants dissimulés par Eugène Millet.
La vie de la collégiale fut marquée par des défis récurrents liés à son environnement. Les crues du Morin et les marais alentour, exacerbés par le rétrécissement du ru de Vaudessart au XVIe siècle, menacèrent régulièrement sa stabilité. Ces problèmes hydrologiques, combinés à des ressources limitées (la suppression du chapitre en 1676 par l’évêque Dominique de Ligny en témoigne), rendirent sa préservation complexe jusqu’aux solutions techniques modernes.
Malgré ces aléas, la collégiale resta un lieu de culte actif, même pendant la Révolution. Ses restaurations successives, de 1826 à 2005, reflètent une volonté constante de préserver ce patrimoine gothique, aujourd’hui ouvert au public et symbole de l’histoire religieuse et architecturale de la Seine-et-Marne.