Origine et histoire de la Collégiale Notre-Dame
La collégiale Notre-Dame de Mello, située dans l’Oise, est une église gothique édifiée en deux phases : la base et le triforium vers 1200, puis les fenêtres hautes et les voûtes entre 1210 et 1220. Bien que de style gothique, ses premières fenêtres, d’inspiration romane, trahissent une transition architecturale. Fondée comme collégiale en 1103 par Martin de Mello, elle devient aussi église paroissiale en 1502. Son histoire est marquée par des remaniements majeurs, notamment au XVIe siècle, où des chapelles latérales et des réparations structurelles modifient partiellement son apparence extérieure, sans altérer son harmonie intérieure.
L’écroulement de l’abside en 1741 laisse une cicatrice permanente : le chœur est depuis fermé par un mur plat percé d’une simple fenêtre. Classée monument historique en 1921, l’église subit des restaurations au XIXe et XXe siècles, notamment après les dommages de la Seconde Guerre mondiale. Son triforium ajouré, rare pour l’époque, et ses voûtes ambitieuses contrastent avec ses dimensions réduites, typiques des églises seigneuriales du Beauvaisis. La relique de la Vraie Croix, objet de convoitises historiques, disparaît pendant la Révolution.
À l’extérieur, la façade méridionale, dominant la place de l’Église, cache une élévation intérieure sur trois niveaux (grandes arcades, triforium, fenêtres hautes). Le porche gothique, orné d’un gâble abritant une statue de la Vierge, et les rosaces des croisillons (dont une remaniée au XVIe siècle) illustrent son évolution stylistique. Le chœur mutilé et les chapelles funéraires du XVIe siècle, comme celle des Montmorency, témoignent des liens étroits entre l’église et les seigneurs locaux.
L’intérieur, plus homogène, révèle une nef et un transept aux supports originaux : colonnettes tronquées, chapiteaux à crochets, et voûtes à liernes dans la croisée. Le triforium, présent sur presque tous les murs, offre un jeu de lumière caractéristique, tandis que la tribune seigneuriale au nord, accessible depuis l’ancien château d’Argyle, souligne son rôle dans la vie féodale. Deux éléments de mobilier, un banc d’œuvre du XVIe siècle et un lambris d’appui, sont classés monuments historiques.
La collégiale incarne l’histoire religieuse et seigneuriale de Mello, depuis sa fondation médiévale jusqu’à ses transformations modernes. Son classement et ses restaurations successives préservent un patrimoine gothique atypique, où se mêlent influences romanes, innovations architecturales et traces des conflits locaux, comme la disparition de la relique sacrée ou les dommages de guerre.