Frise chronologique
1225-1230
Transformation des bas-côtés
Transformation des bas-côtés
1225-1230 (≈ 1228)
Voûtement et ajout de portails gothiques.
1250-1260
Construction du chœur gothique
Construction du chœur gothique
1250-1260 (≈ 1255)
Remplacement du chœur primitif par un chœur rayonnant.
Fin XIIe siècle
Construction de la nef romane
Construction de la nef romane
Fin XIIe siècle (≈ 1295)
Nef et bas-côtés édifiés comme dépendance du château.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Protection parmi les premiers monuments de l’Oise.
1874-1887
Restaurations majeures
Restaurations majeures
1874-1887 (≈ 1881)
Travaux dirigés par Duthoit et Louzier.
1924
Démolition du porche occidental
Démolition du porche occidental
1924 (≈ 1924)
Restauration du portail par Fassier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise (ancienne église collégiale) : classement par liste de 1862
Personnages clés
| Odet de Coligny - Évêque de Beauvais (cardinal de Châtillon) |
Mariage à Montataire en 1560 (lieu incertain). |
| Évêque de Beauvais - Autorité religieuse locale |
Nommait les chanoines et chapelains. |
| Abbé de Royaumont - Autorité monastique |
Nommait un chapelain de la collégiale. |
| E. Duthoit - Architecte du XIXe siècle |
Dirigea les premières restaurations (1874-1881). |
| Charles Albert Potdevin - Architecte du XXe siècle |
Restaura les voûtes en 1918. |
| Jean-Pierre Paquet - Architecte du XXe siècle |
Campagnes de restauration (années 1940-1950). |
Origine et histoire
La collégiale Notre-Dame de Montataire, située dans le département de l’Oise, fut édifiée à la fin du XIIe siècle comme dépendance du château local, appartenant alors aux comtes de Beaumont. Initialement conçue comme une nef romane accompagnée de bas-côtés, elle subit des transformations majeures entre 1225 et 1260 : les bas-côtés furent voûtés d’ogives, des portails gothiques furent ajoutés, et le chœur primitif fut remplacé par un chœur gothique rayonnant, marqué par une abside polygonale et des chapiteaux sculptés avec une grande finesse. Ce chœur, considéré comme l’une des réalisations majeures de la région avec ceux d’Agnetz et Chambly, se distingue par sa luminosité et ses arcatures aveugles inspirées de la Sainte-Chapelle de Paris.
L’église abritait un chapitre de quatre chanoines, nommés par l’évêque de Beauvais, et servait initialement de collégiale seigneuriale avant de devenir l’église paroissiale, remplaçant Saint-Léonard, dont les ruines disparurent. Contrairement à de nombreux édifices de la région, elle échappa aux destructions de la guerre de Cent Ans et de la Révolution française, bien que cette dernière ait supprimé son chapitre. Classée monument historique dès 1862, elle bénéficia de plusieurs campagnes de restauration aux XIXe et XXe siècles, notamment sous la direction des architectes Duthoit, Louzier et Paquet. Aujourd’hui, bien que délaissée au profit d’une église plus centrale, elle reste un témoignage exceptionnel de l’architecture gothique rayonnante.
La collégiale présente un plan asymétrique, avec une nef inachevée – initialement prévue pour être voûtée comme le chœur – et des collatéraux de hauteurs variables. Le chœur, voûté à huit branches et éclairé par des fenêtres à remplage délicat, contraste avec la nef romane aux grandes arcades moulurées et aux chapiteaux sculptés de motifs symboliques, comme l’affrontement d’une chimère et d’un dragon, souvent interprété comme une allégorie d’Adam et Ève. Les parties extérieures, comme le chevet orné de gargouilles et de frises végétales, ou la façade occidentale avec sa galerie de circulation, reflètent le soin apporté à la décoration, typique du gothique rayonnant.
Le clocher, terminé par une plate-forme rare dans la région, suggère une vocation défensive, tandis que les deux portails en anse de panier – l’un réservé aux habitants, l’autre au seigneur – illustrent la dualité sociale de l’époque. La chapelle de la Vierge, voûtée à la même hauteur que le vaisseau central, et la petite chapelle nord, aux fenêtres au remplage unique, ajoutent à la complexité architecturale du monument. Malgré son abandon progressif, la collégiale conserve des éléments mobiliers notables, comme une Vierge à l’Enfant du XIVe siècle, classée monument historique.
L’implantation de l’église en bordure d’un plateau dominant la vallée de l’Oise en fait un repère visuel majeur, lié à l’histoire locale et au château voisin. Son classement précoce et ses restaurations successives soulignent son importance patrimoniale, bien que son usage cultuel soit aujourd’hui limité. Les influences stylistiques, mêlant traits régionaux et apports du centre de la France, en font un édifice unique dans le paysage religieux des Hauts-de-France.